Crise de l’eau au Moyen-Orient : la guerre des barrages entre Turquie, Syrie et Irak
Le projet GAP turc : une menace existentielle pour ses voisins
La Turquie a accéléré en 2025 la construction de 22 barrages dans le cadre du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), réduisant de 40 % le débit de l’Euphrate vers la Syrie. Les agriculteurs syriens dénoncent des pertes de récoltes historiques, tandis que l’Irak accuse Ankara de violer le droit international en détournant les fleuves Tigre et Euphrate, vitaux pour 27 millions de personnes.
L’effondrement des nappes phréatiques en Irak
Selon la Banque mondiale, les réserves d’eau souterraine de l’Irak pourraient s’épuiser d’ici 2030. Les tempêtes de sable, devenues quotidiennes à Bagdad, paralysent les hôpitaux et les écoles. Le gouvernement irakien a intenté un recours devant la Cour internationale de Justice, exigeant une compensation de 12 milliards de dollars pour les dommages causés par les barrages turcs.

La Syrie, doublement fragilisée par la guerre et le stress hydrique
La vallée de l’Euphrate, ancien grenier à blé syrien, est aujourd’hui une zone sinistrée. Le lac Assad, principale réserve d’eau du pays, a perdu 60 % de sa capacité en trois ans. Les ONG rapportent que 3 millions de Syriens dépendent désormais de l’eau livrée par camion-citerne, souvent contaminée par des bactéries.
Solutions régionales et tensions diplomatiques
L’Arabie saoudite finance un projet de désalinisation à Haïl pour approvisionner la Jordanie, tandis que l’Iran propose un pipeline transfrontalier depuis le golfe Persique. Mais ces initiatives butent sur l’hostilité entre sunnites et chiites. L’ONU, en partenariat avec la NASA, a lancé un satellite de surveillance hydrique pour anticiper les conflits, tandis que la Banque asiatique d’investissement injecte 5 milliards de dollars dans des technologies de recyclage d’eau.
