DOSSIER OMONDO SPÉCIAL 1 : BOYCOTT DE LA MONDIALE 2026 AUX USA — ÉTHIQUE SPORTIVE OU SUICIDE DIPLOMATIQUE ?
Introduction : Le sport au cœur de la tourmente protectionniste À moins de six mois du coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, qui doit se dérouler sur le sol nord-américain (USA, Canada, Mexique), une question brûlante sature les chancelleries européennes et les états-majors des BRICS+ : faut-il boycotter l'événement ? Ce qui devait être la célébration du "soccer" sur le territoire de la première puissance mondiale est devenu l'otage d'une guerre froide commerciale et idéologique sans précédent. Le débat ne porte plus sur le hors-jeu ou la VAR, mais sur la légitimité d'une nation hôte qui a fait de l'unilatéralisme radical sa doctrine d'État.
Le contexte : L'hostilité comme politique d'accueil
Le mouvement "Boycott USA 2026" a pris racine suite à la promulgation de l'Inflation Reduction Act II et des restrictions de visas imposées aux délégations des nations jugées "non-amies" par Washington. Pour de nombreux pays, participer à cette compétition revient à cautionner le protectionnisme agressif de la Maison Blanche.
L'argument éthique : Le sport ne peut plus être neutre

Les partisans du boycott, menés par un collectif d'intellectuels et d'anciens diplomates, soutiennent que le football ne peut s'abstraire des réalités humaines. Ils pointent du doigt :
- L'instrumentalisation politique : La Maison Blanche a déjà annoncé que la finale à New York serait le théâtre d'un discours sur la "Primauté Américaine".
- L'asymétrie des visas : Plusieurs joueurs vedettes d'origine iranienne, syrienne ou cubaine, évoluant pourtant dans des championnats européens, se voient refuser l'entrée sur le territoire US pour des raisons de "sécurité nationale".
- L'impact écologique : Le format à 48 équipes impose des déplacements transcontinentaux massifs, en totale contradiction avec les accords de Paris, que Washington a de nouveau ostensiblement ignorés.
Le risque du suicide diplomatique
À l'inverse, les fédérations nationales et les géants du luxe comme LVMH (voir Article 22) craignent les retombées d'une absence volontaire. Un boycott sportif est souvent le prélude à une rupture totale des relations commerciales. Pour la France, ne pas envoyer les Bleus aux USA, c'est s'exposer à des sanctions économiques immédiates sur les exportations de vin, de cosmétiques et de technologies aéronautiques. De plus, l'histoire a montré que les boycotts (Moscou 1980, Los Angeles 1984) n'ont jamais infléchi la politique des grandes puissances, mais ont seulement puni les athlètes. En 2026, le football est une économie monde qui pèse 300 milliards de dollars. S'en extraire, c'est laisser le champ libre à une domination culturelle américaine sans contre-pouvoir.
