Économie Mondiale — Le FMI prévoit une récession de 1,2 % : L'autopsie d'une rupture
Washington D.C., Siège du FMI. Le rapport World Economic Outlook (WEO) publié ce matin fait l'effet d'une douche froide sur les places boursières mondiales. Pour la première fois depuis la crise post-pandémique, le Fonds Monétaire International prévoit une contraction du PIB mondial de 1,2 % pour l'exercice 2026. L'origine de ce séisme est clairement identifiée par le chef économiste Pierre-Olivier Gourinchas : la fragmentation systémique des échanges transatlantiques.
Le coût du découplage : La fin du libre-échange illusoire
La rupture des accords de libre-échange, accélérée par les représailles européennes contre l'IRA II et l'imposition de taxes carbone aux frontières par l'UE, a brisé les chaînes de valeur intégrées. Le commerce entre les deux rives de l'Atlantique a chuté de 22 % en six mois.
Le rapport détaille les trois vecteurs de la récession :
- Choc d'offre technologique : L'embargo mutuel sur les composants critiques (semi-conducteurs, métaux rares) augmente les coûts de production industriels de 18 %.
- Inflation importée : Le remplacement des importations américaines bon marché par des alternatives domestiques ou des sources du "Sud Global" (plus coûteuses logistiquement) maintient une inflation structurelle à 5,5 % dans la zone euro.
- Incertitude des investissements : La volatilité des relations diplomatiques gèle les investissements directs étrangers (IDE), entraînant une baisse de 400 milliards de dollars de flux de capitaux globaux.

Un tableau comparatif des prévisions de croissance pour 2026
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Zone Économique |
Prévision de Croissance (PIB) |
Facteur de Risque Majeur |
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États-Unis |
- 0,8 % |
Baisse des exportations tech et agricoles |
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Union Européenne |
- 1,5 % |
Crise de l'énergie et réarmement industriel |
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BRICS+ |
+ 3,2 % |
Lancement du R-Unit et commerce intra-zone |
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Monde (Moyenne) |
- 1,2 % |
Fragmentation géopolitique |
La faillite du "Friend-shoring"
L'idée que les "nations amies" pourraient commercer exclusivement entre elles sans dommage économique s'effondre. Le FMI souligne que l'économie mondiale est trop interdépendante pour supporter un schisme entre l'Europe et les États-Unis. La théorie économique de l'avantage comparatif, chère à Ricardo, est sacrifiée sur l'autel de la sécurité nationale. Pour les experts universitaires, nous entrons dans l'ère de la "Macroéconomie de Tranchée", où la survie politique prime sur l'efficience des marchés.
