Enquête majeure aux États-Unis sur la conduite autonome de Tesla, 2,9 millions de véhicules concernés
L’Agence nationale américaine de sécurité routière (NHTSA) a lancé le 9 octobre 2025 une enquête préliminaire portant sur le système de conduite autonome « Full Self-Driving » (FSD) de Tesla, qui équipe environ 2,9 millions de véhicules aux États-Unis. Cette procédure fait suite à des signalements faisant état de comportements dangereux du logiciel, dont plusieurs infractions graves au code de la route ayant provoqué accidents et blessures.
Selon les documents officiels de la NHTSA, 58 incidents ont été recensés dans lesquels les voitures Tesla équipées du système FSD ont commis des infractions telles que le franchissement de feux rouges, des circulations à contresens et des changements de voie dangereux. Parmi ces incidents, 14 ont débouché sur des accidents ayant causé 23 blessés, ce qui soulève de vives inquiétudes quant à la sécurité réelle du système.
Le système FSD de Tesla, bien que présenté comme un pilotage « entièrement autonome », reste en réalité de niveau 2 selon la classification SAE, ce qui implique que le conducteur doit constamment garder le contrôle et surveiller la conduite. Cependant, nombre d’utilisateurs pourraient surestimer ses capacités d’autonomie, créant ainsi des risques accrus sur la route.

Les problèmes principaux identifiés concernent notamment des véhicules qui traversent des intersections malgré un feu rouge, refusant de s’arrêter ou ralentir suffisamment. Un carrefour particulier à Joppa, dans le Maryland, semble concentrer plusieurs de ces incidents, incitant Tesla et les autorités locales à collaborer pour corriger ce défaut. Par ailleurs, plusieurs cas de changements de voie dangereux en circulation à contresens ont été signalés, souvent sans avertissement adéquat au conducteur, réduisant sa capacité à intervenir rapidement.
Tesla repose son système uniquement sur la technologie de caméras et d’intelligence artificielle, ce qui le différencie de certains concurrents intégrant des capteurs lidar ou radar. Cette stratégie économique pourrait contribuer à certaines défaillances dans l’interprétation des signaux routiers, un sujet d’attention pour la sécurité publique. La marque met régulièrement à jour son logiciel, avec la dernière version publiée la semaine même de l’ouverture de l’enquête.
Cette investigation pourrait aboutir à un rappel massif des véhicules concernés, ce qui constituerait un coup dur pour Tesla au moment où la conduite autonome représente un enjeu clé de l’industrie automobile. Elle pourrait aussi retarder l’arrivée de la technologie en Europe, où les régulations sont plus strictes, et où Tesla prépare des tests mais n’a pas encore obtenu d’approbation officielle.
En somme, l’enquête NHTSA souligne la nécessité d’une réglementation rigoureuse et d’une information transparente pour les conducteurs sur les capacités et limites réelles des systèmes d’aide à la conduite. Elle marque un tournant dans l’évaluation critique des technologies dites « autonomes » et leur impact sur la sécurité routière.
