COP30 Dubaï : Le Consensus sur la Sortie des Fossiles Bloqué par l'Inde et l'Arabie Saoudite (Analyse)
La 30e Conférence des Parties (COP30), qui s'est tenue la semaine dernière à Dubaï, s'est conclue sur un échec partiel mais significatif : l'absence de consensus ferme sur la "sortie progressive et rapide des combustibles fossiles". Malgré les pressions de l'Union Européenne et des petits États insulaires (SIDS), le texte final de l'accord a été édulcoré suite à l'opposition catégorique de blocs majeurs, notamment l'Inde et l'Arabie Saoudite.
Un Blocage Stratégique des Économies Dépendantes
Le point de friction principal est resté l'utilisation des termes. Les nations occidentales exigeaient un engagement clair pour le phase-out (élimination progressive). L'Inde, qui dépend du charbon pour plus de 70% de sa production d'électricité, a défendu l'impératif de la "justice énergétique", arguant que les pays développés doivent assumer la responsabilité historique de leur pollution. De son côté, l'Arabie Saoudite, chef de file de l'OPEP, a refusé toute référence explicite à l'élimination des hydrocarbures, ne concédant que le besoin de "réduire les émissions".
Le Financement "Pertes et Dommages" : Une Avancée Amère
Malgré ce blocage sur les fossiles, un progrès notable a été enregistré sur le Fonds "Pertes et Dommages" destiné à aider les pays les plus vulnérables face aux catastrophes climatiques. Les pays développés se sont engagés à verser 50 milliards de dollars sur les trois prochaines années. Cependant, ce montant est jugé largement insuffisant par les pays en développement, qui estiment les besoins annuels à plusieurs centaines de milliards. L'avancée est donc amère, ne masquant pas l'absence d'ambition sur le cœur du problème : la réduction des émissions.

L'Impact sur l'Objectif 1,5°C
L'échec à obtenir un accord sur les fossiles rend l'objectif de maintenir le réchauffement climatique sous la barre de 1,5°C (par rapport aux niveaux préindustriels) encore plus difficile à atteindre. Les experts soulignent que sans une réduction drastique de la consommation de charbon et de pétrole au cours de la prochaine décennie, le monde se dirige inéluctablement vers une trajectoire de réchauffement de 2,5°C à 3°C, avec des conséquences catastrophiques.
Conclusion : La Fracture Persiste
La COP30 a révélé une fracture géopolitique profonde entre les nations responsables historiquement du changement climatique et celles qui fondent leur développement futur sur les énergies fossiles. Le consensus est mort-né, et les promesses de la dernière minute ne suffiront pas à combler le fossé. Le rôle d'Omondo est de souligner que la lenteur des négociations coûte désormais des vies et accélère l'urgence climatique.
