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Diplomatie Arctique — L'incident naval du Détroit de Davis, le test de la souveraineté

Diplomatie Arctique — L'incident naval du Détroit de Davis, le test de la souveraineté

Détroit de Davis, 66° Nord. Le 19 janvier, à 04h30 du matin, une confrontation silencieuse mais d'une extrême dangerosité a eu lieu dans les eaux glacées séparant le Groenland de l'Arctique canadien. Le destroyer américain de classe Arleigh Burke, le USS James E. Williams, a pénétré dans une zone de pêche exclusive revendiquée par Nuuk et protégée par les accords de défense franco-danois, sans notification préalable.

La manœuvre du "Freedom of Navigation" (FONOP)

Washington a justifié cette intrusion comme une opération de "liberté de navigation", contestant les nouvelles délimitations du plateau continental groenlandais validées par l'ONU en 2025. En réalité, il s'agissait d'un test de réaction. La réponse ne s'est pas fait attendre : la frégate danoise HDMS Iver Huitfeldt, appuyée par un avion de patrouille maritime français Atlantique 2 basé à Lorient, a intercepté le navire américain.

Pendant 45 minutes, les systèmes de verrouillage radar (lock-on) ont été activés de part et d'autre. L'incident souligne la fragilité des équilibres dans le Grand Nord. Pour Washington, le rejet du Greenland Security Act (voir Article 1) ne doit pas signifier une perte d'accès stratégique à la "porte de l'Arctique". Pour l'Europe, c'est une question de crédibilité.

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L'Arctique, nouveau théâtre de la projection de force européenne

Cet incident naval est le premier acte concret de la nouvelle "Diplomatie des Glaces" prônée par Paris. La France, via son statut d'observateur au Conseil de l'Arctique et ses territoires d'outre-mer, considère la zone comme vitale pour la sécurité du continent. Le déploiement de moyens de surveillance de haute technologie et la présence permanente de bâtiments de premier rang visent à signifier aux États-Unis que l'Europe n'acceptera plus de "fait accompli" maritime dans ses eaux contiguës.

Le risque d'escalade est réel : le Pentagone a annoncé le déploiement d'un groupe aéronaval supplémentaire dans l'Atlantique Nord pour "exercices de routine". En réponse, le Danemark et la France ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de l'Atlantique Nord (CAN) pour clarifier les règles d'engagement entre alliés dans les zones contestées.

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