ENVIRONNEMENT : LE SCANDALE DE L’EAU EN ÎLE-DE-FRANCE
Micro-plastiques et résidus chimiques : La face cachée du robinet parisien
L'alerte rouge de l'Agence Régionale de Santé Ce vendredi 23 janvier 2026, un rapport confidentiel de l’ARS, dont OMONDO a obtenu copie, jette un froid sur la gestion de l'eau en région parisienne. Alors que la Ville de Paris communique largement sur l'excellence de son réseau, les analyses révèlent une concentration inquiétante de micro-plastiques et de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), surnommés « polluants éternels », dans les nappes phréatiques alimentant le sud de la capitale. Cette pollution, invisible et inodore, soulève une question de santé publique majeure : nos infrastructures de traitement sont-elles obsolètes face à la chimie moderne ?
L'usure des pneus : Le coupable inattendu L’enquête d'OMONDO révèle une source de pollution massive jusqu'ici sous-estimée : les particules d'usure des pneumatiques. Avec le ruissellement des pluies sur le périphérique et les grands axes, des tonnes de micro-gomme finissent chaque année dans la Seine et la Marne avant de s'infiltrer dans les sols. Malgré le passage massif à l'électrique en 2026, le poids supérieur de ces véhicules accélère l'érosion des pneus, libérant des additifs chimiques toxiques. Le rapport pointe du doigt une carence dans les bassins de rétention et de filtration en amont des usines de potabilisation.

Le coût exorbitant de la dépollution Pour répondre à cette crise, les syndicats des eaux (SEDIF et Eau de Paris) envisagent l'installation de systèmes d'osmose inverse basse pression. Cependant, le coût de cette technologie est prohibitif. On parle d'un investissement de 1,2 milliard d'euros d'ici 2030, ce qui entraînerait une hausse mécanique du prix du mètre cube d'eau de 15 à 20 % pour les usagers. En ce 23 janvier, le débat politique s'enflamme : faut-il faire payer le consommateur ou instaurer une taxe "pollueur-payeur" sur les fabricants de pneumatiques et les industriels du plastique ? Pour le Dr Martino, l'urgence est médicale : « Nous ne pouvons plus attendre 2030. Ces particules sont des perturbateurs endocriniens avérés qui touchent déjà les populations les plus vulnérables. »
