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Mathieu Boogaerts : l’artisanat musical à l’ère digitale

Mathieu Boogaerts : l’artisanat musical à l’ère digitale

Dans un univers musical dominé par la technologie, l’intelligence artificielle et la course à la viralité, Mathieu Boogaerts incarne une autre voie : celle de l’artisanat musical. Auteur-compositeur-interprète français, Boogaerts a su, depuis plus de vingt-cinq ans, imposer un style singulier, fait de simplicité, de poésie et d’authenticité. À l’heure où la musique se dématérialise, où l’algorithme dicte les tendances et où la production s’industrialise, son parcours et sa démarche offrent un contrepoint précieux. En 2025, alors qu’il sort un nouvel album et entame une tournée intimiste, OMONDO explore la modernité d’un artisan de la chanson.

Un parcours atypique dans la chanson française

Né en 1970, Mathieu Boogaerts débute sa carrière dans les années 1990, à contre-courant de la scène pop-rock alors dominante. Dès ses premiers albums (« Super », « J’en ai marre d’être deux », « Michel »), il impose une écriture minimaliste, des mélodies épurées et une voix douce, presque chuchotée. Son univers, fait de petites histoires du quotidien, de jeux de mots et de non-dits, séduit un public fidèle et critique.

Boogaerts refuse les effets de mode, les arrangements clinquants et les productions surchargées. Il privilégie la guitare acoustique, les percussions légères, les rythmes chaloupés et les harmonies subtiles. Sa musique, souvent qualifiée de « naïve » ou « enfantine », est en réalité d’une grande sophistication, jouant sur les silences, les respirations et la suggestion.

L’artisanat musical : une philosophie de création

Pour Boogaerts, la musique est avant tout un artisanat. Il compose, écrit, arrange et produit la plupart de ses morceaux lui-même, dans son home-studio, loin des studios high-tech et des armées de producteurs. Cette démarche « do it yourself » revendique la lenteur, l’expérimentation et l’imperfection assumée.

Dans un entretien récent, il confiait :

« Je préfère passer des heures à chercher le bon mot, la bonne note, plutôt que d’utiliser un logiciel qui me propose des solutions toutes faites. L’artisanat, c’est le temps long, la patience, l’amour du détail. »

Ce choix s’inscrit à rebours de l’industrialisation croissante de la musique, où la rapidité de production et la standardisation priment souvent sur la singularité.

La résistance à l’ère digitale

À l’heure du streaming, de l’IA générative et de la musique « à la demande », Boogaerts défend une approche humaine et sensible de la création. Il refuse de céder aux sirènes du formatage algorithmique, qui pousse les artistes à produire des morceaux calibrés pour plaire aux plateformes.
Ses albums, souvent auto-produits, sont pensés comme des objets à part entière, avec un soin particulier apporté à la pochette, au livret, au choix du papier. Il privilégie les éditions limitées, les vinyles, les concerts en petite jauge, et maintient un lien direct avec son public via les réseaux sociaux, mais sans jamais sacrifier son indépendance artistique.

Un modèle économique alternatif

Boogaerts a su inventer un modèle économique viable, fondé sur la fidélité de sa communauté et la diversification de ses activités : concerts intimistes, ateliers d’écriture, collaborations avec d’autres artistes (Camille, Albin de la Simone, Dick Annegarn), musiques de films et spectacles jeune public.
Il s’inscrit dans la mouvance des « artisans-entrepreneurs » de la musique, qui refusent la dépendance aux majors et préfèrent l’autonomie, quitte à toucher un public plus restreint mais plus engagé.

L’artisanat musical à l’épreuve de l’IA

En 2025, la montée en puissance de l’IA dans la création musicale pose de nouveaux défis. Si Boogaerts ne rejette pas la technologie, il s’en sert avec discernement, comme un outil et non une finalité. Il expérimente parfois des synthétiseurs vintage, des enregistrements lo-fi, mais refuse de déléguer l’essentiel de la création à une machine.

Son dernier album, « Petites Mains », en témoigne : enregistré en analogique, mixé à l’ancienne, il met en avant la fragilité de la voix, le grain des instruments, les accidents heureux.

 

« L’IA peut être un formidable outil, mais elle ne remplacera jamais l’émotion brute, la surprise, l’accident, le souffle humain. »

Pourquoi l’artisanat musical séduit-il à l’ère digitale ?

De plus en plus d’artistes, lassés par la logique industrielle et la pression des plateformes, reviennent à des formes d’artisanat : production maison, éditions limitées, concerts privés, crowdfunding. Le public, lui aussi, recherche l’authenticité, la proximité, l’objet unique.
L’artisanat musical répond à un besoin de sens, d’ancrage, de résistance face à la standardisation. Il valorise la singularité, la lenteur, la relation directe entre créateur et auditeur.

Conclusion : l’artisanat, avenir de la musique ?

Mathieu Boogaerts incarne une voie alternative dans l’industrie musicale : celle de l’artisanat, de la patience, du détail et de l’authenticité. À l’heure où l’IA et la technologie bouleversent la création, son parcours invite à repenser la valeur du geste, du temps long et de la relation humaine dans la musique. Un modèle inspirant pour les générations futures.

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