Fin de vie : l’Église de France mobilisée contre la nouvelle loi sur l’euthanasie, un débat éthique et sociétal majeur
Débat éthique et mobilisation religieuse face à un texte controversé sur la fin de vie
Le 20 mai 2025, la Conférence des évêques de France a appelé les fidèles à interpeller leurs parlementaires contre le projet de loi sur la fin de vie, qui doit être examiné le 27 mai. Ce texte, considéré comme l’un des plus permissifs au monde, autorise sous conditions l’aide active à mourir, y compris pour les personnes non en fin de vie immédiate. L’Église, vent debout, dénonce une menace pour les plus fragiles et un bouleversement des repères éthiques fondamentaux.
Un texte qui divise profondément la société française
Le projet de loi sur la fin de vie, porté par le gouvernement, vise à légaliser l’aide active à mourir pour les patients souffrant de maladies incurables, sous réserve d’une demande éclairée et répétée. Inspiré de modèles étrangers comme la Belgique ou les Pays-Bas, il va plus loin que la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui autorisait déjà la sédation profonde et continue en cas de souffrance réfractaire.
Les partisans du texte, associations de patients et défenseurs du droit à mourir dans la dignité, saluent une avancée majeure pour l’autonomie et la liberté individuelle. Ils mettent en avant la souffrance des malades, la nécessité de respecter leur volonté et la possibilité d’éviter des situations de détresse insupportable. Pour eux, la loi répond à une demande sociale croissante et à l’évolution des mentalités sur la question de la mort.
L’Église de France en première ligne contre l’euthanasie
Face à ce projet, l’Église catholique a mobilisé ses réseaux : messes spéciales, pétitions, appels à la prière, tribunes dans la presse… Les évêques dénoncent une « culture de la mort » et rappellent le respect dû à toute vie humaine, même fragile ou diminuée. Ils craignent une dérive vers l’euthanasie de convenance, la banalisation de la mort assistée et la pression sur les personnes âgées ou handicapées.

Dans un message solennel, la Conférence des évêques a appelé les fidèles à écrire à leurs députés pour s’opposer au texte. « La société doit protéger les plus vulnérables, pas les inciter à disparaître », martèle Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF. L’Église rappelle aussi l’importance des soins palliatifs et le risque de voir la médecine perdre sa vocation première : soigner et accompagner.
Un débat éthique, médical et politique complexe
Le débat sur la fin de vie dépasse les clivages religieux. De nombreux médecins, philosophes et juristes s’interrogent sur les garanties apportées par la loi : comment s’assurer du consentement libre et éclairé ? Comment éviter les pressions familiales ou sociales ? Quelle place pour l’objection de conscience des soignants ? Les professionnels de santé, partagés, réclament des moyens accrus pour les soins palliatifs et une clarification des procédures.
Les parlementaires sont eux aussi divisés, y compris au sein des groupes politiques. Certains redoutent une dérive vers une société utilitariste, d’autres défendent la liberté de choix. Le débat en commission s’annonce houleux, avec des amendements visant à restreindre ou à encadrer plus strictement l’accès à l’aide active à mourir.
Les enjeux pour la société française
Au-delà de la question médicale, la loi sur la fin de vie interroge la société sur sa capacité à accompagner la vulnérabilité, à respecter l’autonomie sans sacrifier la solidarité. Elle pose la question du sens de la vie, de la dignité, de la place des personnes âgées ou dépendantes. Les familles, souvent démunies face à la souffrance d’un proche, réclament un accompagnement humain et personnalisé.
Les associations de patients insistent sur la nécessité de garantir la liberté de choix, mais aussi de protéger les plus fragiles. Les débats publics, les consultations citoyennes et les avis du Comité consultatif national d’éthique témoignent de la complexité du sujet et de la diversité des points de vue.
Conclusion : un choix de société majeur
La loi sur la fin de vie sera un marqueur fort de l’évolution des valeurs françaises. Son adoption ou son rejet aura des conséquences profondes sur la médecine, le droit, la famille et la société tout entière. L’Église de France, en mobilisant ses fidèles, rappelle que la question de la mort ne peut être réduite à une simple affaire individuelle : elle engage la conscience collective et le projet de société.
