Grève du 10 septembre – désordre attendu à la SNCF et à la RATP malgré la circulation des TGV
L’annonce d’une grève d’ampleur nationale n’épargne aucun secteur, et surtout pas celui des transports. À la SNCF et à la RATP, la journée du 10 septembre cristallise toutes les appréhensions : tandis que les syndicats promettent des perturbations massives, les usagers anticipent retards, suppressions de trains et conditions de voyage dégradées depuis plusieurs jours.
Selon le dernier communiqué publié par la SNCF, un service normal sera maintenu sur les TGV Inoui, les Ouigo et les liaisons internationales – un lot de consolation pour les voyageurs longue distance qui, souvent, représentent la clientèle la plus stratégique de la compagnie ferroviaire. Mais pour les autres lignes, l’incertitude domine : les Intercités, TER et RER sont annoncés comme « très perturbés » dans de nombreuses régions, notamment en Île-de-France, où la ligne RER B sera sérieusement affectée, bien que l’interconnexion à Gare du Nord doive être préservée.
Sur le réseau urbain parisien, la RATP prévoit de faire circuler ses métros, tramways et bus « quasi normalement », même si des arrêts impromptus et des retards sont redoutés aux heures de pointe. Les syndicats misent sur une participation importante de leurs adhérents mais, face à la crainte du mécontentement public, la direction de la RATP promet un « service minimum » dans la mesure du possible.

Le secteur aérien n’est pas épargné : la Direction générale de l’Aviation civile a invité les compagnies à réduire leur programme de vols de 50% à Nice et dans les aéroports corses entre 18h et minuit, tandis que Marseille et l’ensemble des aéroports nationaux devront s’attendre à des annulations ou retards non maîtrisables par les autorités. Les passagers concernés sont appelés à reporter leurs déplacements, alors même que la reprise post-pandémie commençait à peine à se stabiliser.
L’inquiétude gagne aussi les gares, où la SNCF prévoit une amplification des mouvements de foule, voire des blocages ciblés par certains groupes militants opposés à la « loi Bayrou » et appelant à paralyser l’économie. Les renseignements anticipent des actions de sabotage contre les radars, les distributeurs de billets et, potentiellement, les infrastructures ferroviaires sensibles.
Derrière ces perturbations, ce qui se joue est bien plus qu’un simple refus des coupes budgétaires : la contestation traduit un malaise profond face à la montée des inégalités, à la dégradation des services publics et à la méfiance croissante envers l’exécutif. Dans les transports comme dans la rue, le climat social du 10 septembre s’annonce comme une épreuve clé pour la résilience française.
