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L’Assemblée nationale vote un moratoire sur les fermetures de maternités : un tournant pour la santé des territoires

L’Assemblée nationale vote un moratoire sur les fermetures de maternités : un tournant pour la santé des territoires

Un vote historique pour l’accès aux soins

Le 16 mai 2025, l’Assemblée nationale française a adopté en première lecture un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités. Cette décision, saluée par les élus locaux, les professionnels de santé et de nombreux citoyens, marque un tournant dans la politique de santé publique et la lutte contre la désertification médicale. Face à la mobilisation croissante des habitants et des élus ruraux, le gouvernement a choisi de suspendre toute fermeture ou fusion de maternités jusqu’en 2028.

Le contexte : une crise de l’accès aux soins

Depuis plus de dix ans, la France connaît une vague de fermetures de maternités, souvent justifiées par des impératifs de sécurité, de rationalisation des coûts et de regroupement des moyens. Résultat : des territoires entiers, notamment ruraux et périurbains, se retrouvent privés d’accès à un service essentiel. Selon les chiffres du ministère de la Santé, près de 100 maternités ont fermé en 15 ans, obligeant certaines femmes à parcourir plus de 50 kilomètres pour accoucher.

Cette situation a suscité une profonde inquiétude dans l’opinion publique. Les manifestations se sont multipliées, soutenues par des élus de tous bords et des collectifs citoyens. Les témoignages de femmes contraintes d’accoucher dans des conditions précaires, parfois dans leur voiture ou aux urgences, ont ému la France entière.

Le moratoire : un compromis politique

Face à cette pression, le gouvernement a proposé un moratoire de trois ans, le temps de mener une évaluation approfondie de l’impact des fermetures sur la santé des femmes et des nouveau-nés. Le texte adopté prévoit également la création d’une commission indépendante chargée d’étudier les alternatives à la fermeture, comme le renforcement des équipes médicales, la télémédecine ou la mutualisation des moyens entre établissements.

Le moratoire s’applique à toutes les maternités publiques et privées, sauf en cas de danger avéré pour la sécurité des patientes. Il s’accompagne d’une enveloppe budgétaire de 500 millions d’euros pour soutenir les maternités en difficulté et améliorer les conditions de travail du personnel.

 

Les réactions : un soulagement, mais aussi des attentes

Les associations de défense des usagers, les syndicats de sages-femmes et les élus locaux ont salué une « victoire de la mobilisation citoyenne ». Pour eux, ce moratoire est un premier pas vers une refonte du modèle de la périnatalité en France. Ils réclament désormais un plan de long terme pour garantir l’accès à des soins de qualité partout sur le territoire.

Les professionnels de santé, eux, insistent sur la nécessité de renforcer l’attractivité des carrières médicales en maternité : revalorisation des salaires, amélioration des conditions de travail, lutte contre l’isolement professionnel. Ils appellent également à un meilleur maillage territorial, avec la création de maisons de naissance et le développement de réseaux de soins coordonnés.

Les enjeux pour les territoires

Le maintien des maternités est un enjeu majeur pour l’équilibre des territoires. Au-delà de la santé, il s’agit de préserver la vitalité des zones rurales, d’attirer de jeunes familles et de lutter contre la désertification. De nombreux maires ont fait de la défense de leur maternité un symbole de la résistance à la centralisation et à la logique comptable.

Le moratoire est aussi vu comme un test pour la capacité de l’État à répondre aux attentes des citoyens et à adapter ses politiques aux réalités locales. Les prochaines années seront décisives pour inventer un nouveau modèle de santé, plus proche des besoins des habitants.

Les défis à venir

Le principal défi sera de concilier sécurité des soins et proximité. La France doit faire face à une pénurie de professionnels, à la hausse des coûts et aux exigences de qualité. La commission indépendante devra proposer des solutions innovantes, s’appuyant sur les expériences réussies à l’étranger et sur les initiatives locales.

La question du financement reste centrale. Les 500 millions d’euros annoncés devront être utilisés de manière transparente et efficace, pour éviter les effets d’aubaine et garantir des résultats concrets.

Conclusion : un signal fort pour la santé publique

Le vote du moratoire sur les fermetures de maternités est un signal fort envoyé à la France des territoires. Il témoigne de la capacité du pays à écouter ses citoyens et à défendre l’égalité d’accès aux soins. Mais il ouvre aussi une période d’incertitude : il faudra transformer l’essai pour que la promesse d’une santé de proximité devienne une réalité durable.

 

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