Paris – Illuminer la tour Eiffel aux couleurs palestiniennes ?
La proposition d’illuminer la tour Eiffel aux couleurs du drapeau palestinien, relancée par le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, suscite un débat passionné sur le rôle des symboles dans l’espace public, la diplomatie des villes et la place de la solidarité internationale dans la société française. Cette initiative, déjà expérimentée par le passé pour d’autres causes, interroge la capacité de Paris à se positionner sur la scène mondiale et à incarner les valeurs universelles de paix et de justice.
Un geste symbolique à forte portée politique
L’illumination de la tour Eiffel, monument emblématique de la France, a déjà servi à exprimer la solidarité nationale ou internationale lors de tragédies ou de moments forts (attentats, catastrophes, soutien à l’Ukraine ou au Liban). La demande d’un élu de Seine-Saint-Denis d’arborer les couleurs palestiniennes vise à attirer l’attention sur la situation à Gaza et en Cisjordanie, à exprimer le soutien à la population civile et à rappeler l’engagement de la France pour une paix juste au Proche-Orient1.
Un débat sur la neutralité et l’universalité des symboles
Cette initiative soulève des questions sur la neutralité des monuments publics et le risque de politisation de l’espace urbain. Certains estiment que la tour Eiffel doit rester un symbole universel, au-dessus des conflits, tandis que d’autres défendent l’idée que Paris, ville-monde, a le devoir de s’engager pour les droits humains et la justice internationale. Les précédents, comme l’illumination pour l’Ukraine, montrent que la frontière entre solidarité et prise de position politique est ténue.

La diplomatie des villes, une nouvelle donne internationale
De plus en plus, les grandes villes jouent un rôle diplomatique, en relayant les causes internationales, en accueillant des réfugiés ou en soutenant des ONG. Paris, capitale cosmopolite, est souvent en première ligne de cette diplomatie citoyenne, qui complète ou bouscule l’action de l’État. L’initiative sur la tour Eiffel s’inscrit dans cette dynamique, mais expose aussi la ville aux critiques et aux tensions, notamment dans un contexte de polarisation accrue sur la question israélo-palestinienne.
L’opinion publique et la diversité des sensibilités
Le débat sur l’illumination de la tour Eiffel révèle la diversité des opinions au sein de la société française, tiraillée entre solidarité, prudence diplomatique et crainte de l’instrumentalisation politique. Les sondages montrent une majorité de Français opposés à des initiatives jugées « hâtives » ou « partisanes », mais une minorité active milite pour une prise de position plus affirmée en faveur de la paix et des droits humains1.
Conclusion : Les symboles à l’épreuve de la mondialisation
La question de l’illumination de la tour Eiffel aux couleurs palestiniennes dépasse le simple geste symbolique. Pour Omondo, elle invite à réfléchir sur le rôle des villes dans la diplomatie internationale, la gestion des symboles dans l’espace public et la capacité de la société à conjuguer solidarité et respect de la diversité des convictions.
