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Greenpeace lâche des rochers contre le chalutage de fond en France, une action coup de poing qui relance le débat sur la pêche durable

Greenpeace lâche des rochers contre le chalutage de fond en France, une action coup de poing qui relance le débat sur la pêche durable

 

Introduction

Le 21 mai 2025, l’ONG Greenpeace a mené une action spectaculaire dans les eaux françaises, au large de l’Aude, en larguant plusieurs tonnes de rochers dans une aire marine protégée pour empêcher le chalutage de fond. Cette opération, menée à bord de l’Arctic Sunrise, vise à dénoncer la poursuite de pratiques de pêche destructrices dans des zones censées être sanctuarisées. L’action, saluée par les défenseurs de l’environnement et critiquée par les pêcheurs, relance le débat sur la gestion des ressources marines, l’efficacité des aires protégées et l’avenir de la pêche durable en France.

Le chalutage de fond : une pratique controversée

Le chalutage de fond consiste à traîner de lourds filets lestés sur les fonds marins pour capturer poissons et crustacés. Cette technique, très efficace sur le plan économique, est aussi l’une des plus destructrices pour les écosystèmes : elle arrache les habitats, détruit les coraux et perturbe la reproduction de nombreuses espèces. Les scientifiques estiment que le chalutage de fond est responsable d’une grande partie de la dégradation des fonds marins en Europe.

En France, le chalutage de fond est encore autorisé dans certaines aires marines protégées, malgré les recommandations des experts et les engagements internationaux pris pour préserver la biodiversité.

L’action coup de poing de Greenpeace

C’est dans ce contexte que Greenpeace a décidé de frapper fort. À bord de l’Arctic Sunrise, navire emblématique de l’ONG, des militants ont largué plusieurs blocs de rochers dans une aire marine protégée au large de l’Aude. Objectif : rendre impossible le passage des chaluts et forcer les autorités à interdire cette pratique dans les zones sensibles.

L’opération a été largement médiatisée, avec des images spectaculaires diffusées sur les réseaux sociaux et dans la presse. Greenpeace justifie cette action par l’inaction des pouvoirs publics et la nécessité de protéger les écosystèmes marins : « Les aires marines protégées ne doivent pas être des coquilles vides. Il faut des mesures concrètes pour préserver la biodiversité », explique un porte-parole.

Les réactions des pêcheurs et des autorités

L’action de Greenpeace a suscité la colère des pêcheurs locaux, qui dénoncent une « provocation » et une « mise en danger de leur activité ». Les organisations professionnelles rappellent que la pêche est un secteur vital pour l’économie de la région et que des efforts ont déjà été faits pour limiter l’impact environnemental.

Le ministère de la Transition écologique a réagi en appelant au dialogue et en rappelant que la gestion des aires protégées relève de l’État, non des ONG. Une enquête a été ouverte pour vérifier la légalité de l’opération et évaluer son impact sur la navigation et la sécurité.

Les enjeux de la protection des aires marines protégées

La France s’est engagée à protéger 30 % de ses eaux marines d’ici 2030, dont 10 % en protection forte. Mais dans la réalité, de nombreuses aires marines protégées restent ouvertes à des activités destructrices, faute de contrôles et de moyens. Les ONG dénoncent une « hypocrisie » et réclament des mesures plus ambitieuses : interdiction totale du chalutage de fond, création de réserves intégrales, renforcement des contrôles et des sanctions.

Les scientifiques alertent sur l’urgence à agir : la biodiversité marine s’effondre, les stocks de poissons diminuent, et les habitats essentiels disparaissent à un rythme inquiétant.

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Les alternatives pour une pêche durable

Face à la pression environnementale, de plus en plus de pêcheurs s’orientent vers des pratiques plus durables : pêche à la ligne, casiers, filets sélectifs, quotas adaptés. Ces techniques, moins destructrices, permettent de préserver les ressources tout en maintenant une activité économique viable.

Des projets pilotes, soutenus par l’Union européenne et les collectivités locales, montrent qu’il est possible de concilier pêche et protection de l’environnement. Mais la transition reste difficile, notamment pour les petits pêcheurs, confrontés à la concurrence internationale et à la baisse des revenus.

La mobilisation citoyenne et politique

L’action de Greenpeace a relancé le débat public sur la gestion des océans. De nombreux citoyens, associations et élus locaux ont exprimé leur soutien à l’ONG et appelé le gouvernement à prendre des mesures fortes. Des pétitions circulent pour demander l’interdiction du chalutage de fond dans toutes les aires protégées.

Au niveau européen, la France est sous pression pour respecter ses engagements et montrer l’exemple. Le Parlement européen doit prochainement examiner une proposition de directive sur la pêche durable et la protection des habitats marins.

Les perspectives pour l’avenir

L’avenir de la pêche en France dépendra de la capacité à trouver un équilibre entre exploitation et préservation. Les experts appellent à une gestion plus participative des ressources, associant pêcheurs, scientifiques, ONG et pouvoirs publics. La création de véritables réserves marines, dotées de moyens de contrôle et de suivi, est jugée indispensable pour restaurer la biodiversité et garantir la pérennité des activités.

Greenpeace, de son côté, promet de poursuivre ses actions tant que le chalutage de fond ne sera pas interdit dans les zones sensibles. L’ONG appelle à une mobilisation européenne et internationale pour sauver les océans.

Conclusion

L’opération coup de poing de Greenpeace contre le chalutage de fond dans une aire marine protégée de l’Aude met en lumière les contradictions de la politique française de protection des océans. Entre impératifs économiques et urgence écologique, la France doit choisir son camp et agir pour préserver ses trésors marins. L’avenir de la pêche, de la biodiversité et des générations futures en dépend. Plus que jamais, la question de la gestion durable des ressources marines s’impose comme un enjeu central du XXIe siècle.

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