Guerre en Ukraine : L’hiver 2026, l’épreuve de force ultime contre le froid et l'obscurité
L'arme de l'hiver comme stratégie d'usure
En ce 5 février 2026, l'Ukraine traverse son quatrième hiver de guerre, sans doute le plus éprouvant depuis le début de l'invasion à grande échelle. La stratégie du Kremlin a muté : au lieu de simples frappes tactiques, on assiste à une campagne d'annihilation systématique des capacités de production électrique résiduelles. À Kharkiv et Lozova, les températures ont plongé sous la barre des -20°C cette nuit, alors que des frappes de missiles balistiques ont mis hors service les dernières centrales thermiques régionales.
L'expertise humanitaire : l'hypothermie, nouvelle menace de front
Les rapports de Médecins Sans Frontières (MSF) et des ONG locales sont alarmants. Le manque de chauffage ne tue pas seulement par le froid direct, mais par l'exacerbation des maladies chroniques. Dans les zones proches du front comme Donetsk et Zaporijjia, la population, majoritairement âgée, survit dans des habitations dont l'isolation a été soufflée par les explosions. Le "mécanisme de paiement équitable" (loi n°2980) censé soutenir les travailleurs des infrastructures critiques peine à être appliqué, laissant les électriciens et cheminots — les héros de l'ombre — dans une précarité extrême.
Souveraineté et alliance nucléaire
Face à ce désastre, Kiev joue la carte de l'avenir. La France et l'Ukraine intensifient leur coopération pour promouvoir l'énergie nucléaire au sein de l'UE. L'objectif est double : assurer l'autonomie énergétique ukrainienne post-conflit et décarboner le réseau européen. Cependant, à court terme, la situation à la centrale de Zaporijjia reste "extrêmement fragile" selon l'AIEA. Déconnectée à plusieurs reprises de ses lignes de secours, la plus grande centrale d'Europe dépend de générateurs d'urgence dont la logistique d'approvisionnement en fioul est une cible constante pour l'aviation russe. L'hiver 2026 n'est plus une saison, c'est un champ de bataille vital.
