Gaza : les risques énormes liés aux munitions non explosées alertés par Handicap International
Deux ans après le début du conflit déclenché par l’attaque du Hamas sur Israël en octobre 2023, la bande de Gaza reste une zone à très haut risque humanitaire, notamment à cause des munitions non explosées (MNE) jonchant le territoire. Selon Handicap International, ces risques sont désormais qualifiés « d’énormes » pour les milliers de déplacés qui tentent de retourner dans leurs foyers avec la trêve entrée en vigueur au 10 octobre 2025.
Depuis le début des hostilités, environ 70 000 tonnes d’explosifs ont été larguées sur Gaza, incluant un nombre important de bombes à sous-munitions et obus qui n’ont pas explosé au contact. Ces munitions constituent un danger invisible mais constant, surtout dans des zones urbaines densément peuplées, où les couches successives de gravats et les décombres compliquent leur détection et leur déminage.
Anne-Claire Yaeesh, directrice pour les Territoires palestiniens chez Handicap International, souligne que « le terrain extrêmement complexe et restreint exacerbent les dangers », indiquant que 5 à 10% des munitions tirées restent actives, un chiffre encore sous-estimé en raison des restrictions israéliennes aux opérations de déminage.
L’Agence des Nations unies pour le déminage (UNMAS) a noté une forte augmentation des demandes d’expertise technique depuis la trêve, qui permet l’accès à des zones auparavant interdites aux équipes spécialisées. Toutefois, l’entrée de matériel indispensable, notamment par des véhicules blindés et équipements lourds, est encore bloquée par les autorités israéliennes, limitant la capacité d’action.

Le déminage est une urgence vitale pour prévenir de nouveaux drames, notamment au moment où des milliers de Palestiniens déplacés reviennent sur leurs terres. Le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) précise que l’évaluation des risques a déjà permis d’identifier des zones particulièrement contaminées, notamment sur les routes principales et dans certains quartiers de la ville de Gaza.
Handicap International condamne fermement le silence et l’inaction de certains acteurs face à cette menace. Elle appelle la communauté internationale à garantir un accès rapide et sécurisé au matériel de déminage, condition indispensable pour la sécurité des civils, la reprise des activités économiques et la reconstruction.
Les conséquences humaines sont déjà lourdes : malgré les appels au cessez-le-feu et à la protection des populations, l’ONG déplore que « chaque année, les victimes civiles de ces armes non explosées augmentent, principalement les enfants et les personnes handicapées », dans ce qui constitue une crise humanitaire persistante.
