Culture et Géopolitique : Les 150 ans de "Vande Mataram" et l'affirmation du Soft Power indien en Europe
Un hymne à la terre mère qui résonne jusqu'à Paris
Le 26 janvier est traditionnellement le jour de la fête de la République en Inde (Republic Day). Mais en 2026, cette célébration revêt une importance particulière avec le 150e anniversaire de la composition de "Vande Mataram" par Bankim Chandra Chattopadhyay. Ce chant, qui fut le cri de ralliement des révolutionnaires contre l'Empire britannique, est aujourd'hui le fer de lance de la diplomatie culturelle de New Delhi. De la place de la Concorde à Londres, les instituts culturels indiens multiplient les événements, témoignant de l'influence grandissante de la "Plus grande démocratie du monde" sur le vieux continent.
L'Inde : De la puissance économique au rayonnement culturel
Pendant longtemps, l'image de l'Inde en Europe était réduite à son folklore ou à son industrie informatique. En 2026, la donne a changé. Forte de son statut de troisième puissance économique mondiale, l'Inde utilise son patrimoine pour asseoir son influence. Le yoga, le cinéma de Bollywood (désormais intégré aux grands festivals européens), et la philosophie du "Vishwa Guru" (l'Inde comme guide du monde) sont des outils de séduction massive. Pour la France, partenaire stratégique de premier plan, ces célébrations sont l'occasion de renforcer des liens qui dépassent les contrats d'armement ou d'énergie nucléaire.

Une identité affirmée dans un monde multipolaire
La célébration de "Vande Mataram" en 2026 souligne également le tournant identitaire de l'Inde sous l'ère actuelle. C'est une nation qui ne cherche plus seulement à imiter l'Occident, mais à proposer son propre modèle de modernité. Pour les observateurs européens, comprendre l'importance de ce chant, c'est comprendre la psyché d'une Inde qui se voit comme une puissance civilisationnelle. Alors que New Delhi préside de plus en plus de forums internationaux, son "soft power" devient un atout crucial pour contrebalancer l'influence chinoise en Asie et en Afrique. L'Europe, en célébrant cette culture, reconnaît implicitement que l'avenir du XXIe siècle se joue en grande partie sur les rives du Gange.
