Festival EXIT : à Novi Sad, la jeunesse bouscule la scène musicale et politique
Au cœur de l’été serbe, le Festival EXIT 2025 de Novi Sad s’impose bien au-delà du divertissement : c’est un laboratoire social et politique, où la jeunesse d’Europe centrale électrise la scène et interpelle les pouvoirs publics. Cette édition, saluée pour sa programmation éclectique mais aussi pour son engagement citoyen, cristallise la montée en puissance des réseaux jeunes, la volonté d’ouverture post-Balkans, et le rôle croissant de la culture dans la transformation démocratique de la région.
Une programmation audacieuse, entre électronique et politique
Sur les berges du Danube, EXIT réunit depuis 2000 jeunes, artistes reconnus et militants. L’édition 2025 affiche une affiche inédite :
- DJs de la scène berlinoise, collectifs féministes locaux, MCs issus de minorités roms,
- Panels sur la liberté d’expression, sessions de méditation urbaine et concerts solidaires pour soutenir l’Ukraine et la lutte contre les violences sexistes.
Le festival devient un pont entre l’héritage contestataire né dans les années Milosevic et une nouvelle vague d’activisme, branchée sur l’environnement, la tech et la démocratie participative.
La jeunesse balkanique, moteur d’Europe centrale
Si les organisateurs revendiquent “une Europe des liens, pas des frontières”, c’est parce que le public vient massivement de Serbie, Croatie, Hongrie, mais aussi de France et d’Italie. Les jeunes participants valorisent une identité hybride, cosmopolite, faite de rap et de littérature, de resilience post-conflit et de volonté d’influence sur la scène européenne.
Pour nombre de jeunes Serbes, EXIT est devenu un rite de passage : un forum artistique mais aussi politique, où s’imaginent la société plus tolérante, durable et numérique du futur.

Prise de parole et mobilisation
Les structures militantes, de Greenpeace aux collectifs LGBTQI+, profitent du festival pour dialoguer avec les jeunes, distribuer des kits d’information sur la santé mentale, la sexualité ou le droit de vote.
Les débats très suivis sur la “désinformation numérique” ou les “nouvelles luttes de genre” illustrent la force de l’espace public créé par EXIT, loin des clichés du repli nationaliste.
Les autorités entre vigilance et ouverture
Le gouvernement serbe, longtemps méfiant, observe désormais EXIT comme un espace de débat utile : la région de Vojvodine mise sur l’attractivité culturelle pour booster son rayonnement économique. La ville de Novi Sad, Capitale européenne de la culture en 2022, ancre sa métamorphose grâce à la jeunesse.
Perspectives pour l’Europe
Pour l’Union européenne, qui finance une partie de la programmation, EXIT montre le potentiel immense de la culture pour pacifier, relier et inspirer les jeunesses des “marges” européennes. Ce modèle s’exporte jusqu’en Géorgie, Ukraine et même dans certains festivals “engagés” français.
Conclusion
Le Festival EXIT, loin d’être une simple fête musicale, incarne une scène politique où l’Europe de demain s’invente et se projette. La jeunesse balkanique, audacieuse et créative, est aujourd’hui la meilleure alliée d’une Europe vivante, démocratique et inclusive.
