DOSSIER 1 : CUBA, L’AGONIE D’UNE ÎLE SOUS SÉQUESTRE
Pourquoi l’asphyxie pétrolière de 2026 est une faute morale et stratégique
I. L’anachronisme d’un siège médiéval au XXIe siècle
Depuis plus de 60 ans, Cuba survit dans les mailles d’un filet de sécurité américain qui s’est transformé, en ce début d’année 2026, en un linceul de fer. L’embargo, initialement conçu comme un levier de la Guerre froide, a muté sous l’impulsion de l’administration Trump en une véritable opération d’asphyxie chirurgicale. Ce 24 février 2026, les rapports de l’ONU sont sans appel : l’île n’est plus seulement en crise, elle est au bord d’un effondrement systémique total.
L’asphyxie n'est plus une théorie ; elle se lit sur les visages de La Havane, où les files d'attente pour le pain croisent celles pour les tricycles électriques, uniques rescapés d'un parc automobile paralysé par l'absence de brut vénézuélien. En ciblant les navires de transport et les assureurs, Washington n'attaque pas le gouvernement cubain, mais les infrastructures vitales : hôpitaux sans électricité, écoles fermées faute de transport, et systèmes de pompage d'eau à l'arrêt.
II. Le blocus : Un échec stratégique coûteux
Pourquoi l’asphyxie est-elle une erreur ? Parce qu’elle produit l’inverse de l’effet recherché. Loin de provoquer un soulèvement démocratique, elle cimente le narratif de la résistance nationale et pousse Cuba vers de nouvelles dépendances encore plus inquiétantes pour la sécurité régionale :
- L'ancrage sino-russe : Le vide laissé par l'Occident est comblé par Pékin et Moscou, qui installent des bases logistiques et d'écoute à 150 km des côtes de Floride.
- L'exode massif : La misère ne crée pas de révolutions, elle crée des migrants. En 2026, le flux migratoire cubain vers les États-Unis atteint des records, exacerbant les tensions intérieures américaines.
- L'érosion de l'influence morale : Comment Washington peut-il prôner la liberté tout en affamant une population civile ?

III. Le cadre juridique : Peut-on parler de crime ?
Le terme "crime" n'est plus seulement un slogan militant. Plusieurs experts en droit international suggèrent que le renforcement systématique du blocus, en pleine période de vulnérabilité énergétique, s'apparente à une punition collective, interdite par les Conventions de Genève. Lorsque les médicaments contre le cancer ou le matériel pédiatrique sont bloqués parce qu’ils contiennent 10 % de composants américains, la frontière entre sanction politique et crime contre l’humanité devient ténue.
Le rapport de l'ONU de février 2026 souligne que "des objectifs politiques ne sauraient justifier des actions qui violent les droits fondamentaux à la vie et à la santé". Pour Omondo.info, le silence de la communauté internationale est une complicité tacite dans l'agonie programmée de 11 millions d'êtres humains.
