Guerre Commerciale : Les agriculteurs indiens rejettent l'accord avec les États-Unis et exigent des démissions
La révolte des campagnes indiennes gagne New Delhi
Le bras de fer entre le gouvernement de Narendra Modi et le monde paysan a franchi un nouveau cap ce week-end. Des dizaines de milliers d'agriculteurs ont convergé vers les accès de la capitale, New Delhi, pour dénoncer le "Grand Accord de Libre-Échange" signé récemment avec Washington. Ce traité, censé favoriser l'exportation de technologies américaines vers l'Inde, prévoit en contrepartie une ouverture massive du marché indien aux produits agro-industriels des États-Unis. Pour les paysans indiens, c'est un arrêt de mort : ils craignent que le maïs et le blé américains, lourdement subventionnés, n'écrasent les prix locaux et ne détruisent l'agriculture vivrière.
Un enjeu de souveraineté alimentaire nationale
L'Inde, devenue la nation la plus peuplée au monde, ne peut se permettre une instabilité de ses campagnes. Les syndicats agricoles réclament non seulement le retrait pur et simple de l'accord, mais aussi la démission du ministre du Commerce. Ils exigent une garantie légale sur les prix de vente minimum (MSP) pour protéger leurs revenus face à la volatilité mondiale. Cette crise est scrutée de près par l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), car elle illustre la difficulté de concilier libre-échange global et protection des écosystèmes agricoles locaux.
Impact géopolitique sur l'axe Washington-Delhi
Ce blocage économique fragilise l'alliance stratégique que les États-Unis tentent de construire avec l'Inde pour faire contrepoids à la Chine. Si Modi cède aux agriculteurs, il risque de refroidir ses relations avec Washington. S'il maintient l'accord, il s'expose à un soulèvement populaire majeur à l'approche de scrutins régionaux décisifs. Pour Omondo.info, cette "guerre du blé" est le reflet des tensions entre les besoins de croissance industrielle et la survie des populations rurales dans les pays émergents.
