Économie de guerre : La France face aux limites de son industrie de défense
Le choc de la réalité industrielle
Le slogan de l'"économie de guerre" lancé il y a trois ans se heurte aujourd'hui à un mur de réalité technique et logistique. En ce 26 janvier 2026, les rapports de la Direction Générale de l'Armement (DGA) sont formels : la France ne parvient pas à tripler sa cadence de production d'obus de 155mm, malgré les commandes records passées par l'État et ses alliés ukrainiens. Le goulot d'étranglement n'est plus financier, il est matériel et humain.
La guerre des matières premières
La fabrication d'une munition moderne est une prouesse qui dépend d'une chaîne d'approvisionnement mondiale ultra-tendue. La pénurie de poudres propulsives et de métaux stratégiques comme le titane ou certains aciers spéciaux ralentit les chaînes de montage. Ces ressources sont souvent contrôlées par des pays dont les intérêts divergent de ceux de Paris. La relocalisation d'une filière complète de production de poudre en France est en cours, mais les usines ne seront pleinement opérationnelles qu'à l'horizon 2027.

Le manque de bras et de savoir-faire
L'autre obstacle majeur est la main-d'œuvre. Après des décennies de désindustrialisation, la France manque cruellement d'ingénieurs en balistique, de soudeurs de haute précision et de techniciens spécialisés. Les entreprises comme Nexter ou Dassault doivent rivaliser d'imagination pour recruter, proposant des salaires attractifs, mais la formation de ces experts prend du temps. On ne s'improvise pas ouvrier de l'armement du jour au lendemain.
L'Europe de la défense : Un impératif de survie
Cette situation met en lumière l'impossibilité pour une nation seule de maintenir une intensité industrielle suffisante face aux menaces modernes. La coopération avec l'Allemagne et l'Italie devient vitale pour mutualiser les stocks et les composants. Cependant, les divergences politiques sur les exportations d'armes freinent encore cette intégration. 2026 sera l'année de vérité : soit la France réussit son pari industriel, soit elle devra accepter un déclassement stratégique au profit des géants américains ou asiatiques.
