IMPÔT SUR LA FORTUNE (ISF) : La Riposte du MEDEF aux Propositions Choc de Piketty
Le débat sur la fiscalité des plus riches est relancé avec force. Alors que le gouvernement vante l'efficacité de l'actuel Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), l'économiste de renommée mondiale Thomas Piketty est revenu à la charge avec une proposition choc : le rétablissement d'un Impôt sur les Grandes Fortunes (IGF), beaucoup plus large que l'ancien ISF, et dont le taux progressif pourrait atteindre 5% pour les patrimoines les plus élevés. Cette proposition a provoqué une riposte immédiate et virulente du MEDEF, qui défend le maintien de l'IFI.
Piketty : Un IGF pour Financer la Transition
Dans sa dernière tribune, Thomas Piketty argumente que la concentration du patrimoine est devenue un frein à la démocratie et à la croissance. Son projet d'IGF ne ciblerait pas seulement l'immobilier, mais l'ensemble du patrimoine (actifs financiers, actions, œuvres d'art). Il propose un barème progressif, visant à financer directement la transition écologique et l'investissement public dans l'éducation et la santé. Pour lui, la création d'un impôt ciblant les plus fortunés est le seul moyen crédible de réduire les inégalités croissantes.
Le MEDEF : Défendre l'Investissement National
La réaction du MEDEF, par la voix de son président Patrick Martin, a été immédiate. Il dénonce le projet comme étant "profondément archaïque" et "antinomique avec l'esprit d'entreprise".
L'argument principal du patronat est double :
- Fuite des Capitaux : Le rétablissement d'un impôt trop lourd sur la fortune entraînerait inévitablement une nouvelle "fuite des capitaux" et des entrepreneurs vers des pays à la fiscalité plus clémente (Belgique, Suisse).
- Baisse de l'Investissement : L'IGF amputerait les liquidités des chefs d'entreprise et des investisseurs, réduisant de facto leur capacité à investir dans l'économie réelle, la R&D et la création d'emplois en France.
Le MEDEF défend le bilan de l'actuel IFI et de la Flat Tax (Prélèvement Forfaitaire Unique), affirmant que ces mesures ont permis un retour des entrepreneurs en France et une augmentation des investissements productifs ces dernières années.
Le débat ne porte donc pas sur l'existence de l'impôt, mais sur son assiette et son taux. La proposition de Piketty, bien que peu probable d'être adoptée par l'Assemblée nationale actuelle, force le gouvernement à justifier le maintien de sa politique fiscale favorable aux très hauts patrimoines.
