Souveraineté Numérique : L’Union européenne face au défi de l’indépendance vis-à-vis des infrastructures cloud américaines
Par la Rédaction Tech et Stratégie d’OMONDO 24 Bruxelles / Paris, le 19 décembre 2025
En ce 19 décembre 2025, le constat est amer pour les partisans d'une autonomie stratégique européenne : malgré les règlements RGPD et l'IA Act, plus de 80 % des données sensibles des entreprises et administrations de l'UE sont toujours hébergées sur des serveurs appartenant aux "Hyperscalers" américains. L'heure n'est plus aux régulations, mais à la construction d'une infrastructure physique souveraine.
Le syndrome de la dépendance
La dépendance au cloud américain n'est pas seulement un risque pour la vie privée ; c'est une menace pour la compétitivité industrielle. Avec le Cloud Act, la justice américaine peut, sous certaines conditions, accéder à des données stockées par des entreprises américaines, même si les serveurs sont situés en Europe. Pour un fleuron industriel européen, voir ses secrets de fabrication potentiellement exposés est inacceptable.
Les intellectuels et dirigeants européens réunis lors du récent "Digital Sovereignty Summit" ont appelé à un sursaut. Le projet Gaia-X, initialement perçu comme trop complexe, renaît sous une forme plus pragmatique : une alliance d'opérateurs télécoms et d'énergéticiens européens visant à créer un "Cloud de Confiance" déconnecté des juridictions extra-européennes.
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L'IA, accélérateur de la fracture
Le développement massif de l'Intelligence Artificielle générative a accentué le besoin en puissance de calcul. Or, les processeurs les plus puissants et les centres de données les plus optimisés sont aujourd'hui l'apanage de Microsoft, Google et Amazon.
L'Europe joue sa survie numérique. Si elle ne parvient pas à imposer des champions locaux ou à forcer une véritable portabilité des données, elle risque de devenir un simple "consommateur de services" de l'Empire technologique américain, perdant ainsi le contrôle sur l'innovation de demain. La souveraineté en 2025 ne se définit plus par des frontières terrestres, mais par le contrôle des couches basses de l'internet.
