Technologie : Le Royaume-Uni lance sa "National Data Library" pour l'IA souveraine
Le pari britannique de la donnée publique
Alors que l'Europe continentale se concentre sur la régulation (AI Act), le Royaume-Uni choisit l'offensive technologique. Le lancement officiel de la "National Data Library" ce 26 janvier vise à regrouper toutes les données publiques — santé, transports, fiscalité — pour nourrir une intelligence artificielle nationale performante. C'est le plus grand projet d'infrastructure numérique de l'histoire du pays.
Révolutionner le NHS et les services publics
L'ambition est claire : utiliser ces données pour transformer le système de santé (NHS). En entraînant des modèles d'IA sur des millions de dossiers médicaux anonymisés, Londres espère automatiser les diagnostics précoces et optimiser la logistique hospitalière. Les gains d'efficacité pourraient se chiffrer en milliards de livres, tout en offrant aux citoyens des services publics plus réactifs et personnalisés.

La question cruciale de la vie privée
Le projet ne fait pas l'unanimité. Les défenseurs des libertés civiles s'inquiètent de la concentration de tant de données sensibles entre les mains de l'État et de ses partenaires technologiques privés. Le gouvernement britannique assure que la "National Data Library" repose sur des protocoles de cryptage de pointe, mais le débat sur le consentement et la souveraineté numérique reste vif. C'est un modèle que le reste du monde observe de près : l'État peut-il devenir le premier fournisseur de données pour l'IA de demain ?
