Afrique : La Zlecaf, l'éveil du géant commercial intra-africain
Le démantèlement des frontières économiques
Après des années de négociations ardues, la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (Zlecaf) produit enfin ses effets structurants. En ce mois de mars 2026, les barrières douanières ont été levées sur plus de 90 % des produits manufacturés. Le résultat est immédiat : le commerce intra-africain, qui ne représentait que 15 % des échanges du continent en 2020, frôle désormais les 30 %.
L'émergence de champions industriels régionaux
L'Afrique ne se contente plus d'exporter ses matières premières brutes. On assiste à une intégration des chaînes de valeur sans précédent :
- Le hub automobile marocain : Les composants fabriqués en Égypte et en Afrique du Sud sont désormais assemblés à Tanger pour être revendus sur tout le continent sans taxes.
- L'agro-industrie nigériane : Le géant d'Afrique de l'Ouest transforme désormais ses propres ressources pour nourrir les mégalopoles en pleine croissance, réduisant la facture d'importation alimentaire du continent de 20 milliards de dollars.

Le défi des infrastructures et de la monnaie
Le succès de la Zlecaf repose sur le déploiement des "Corridors de la Liberté", des réseaux ferroviaires et routiers transcontinentaux financés par un mix de capitaux locaux et d'investissements internationaux (dont le Global Gateway européen). Parallèlement, le système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS) permet désormais de commercer en devises locales, contournant la domination du dollar et facilitant les échanges entre les PME de Lagos, Nairobi et Kinshasa.
