LE VENEZUELA POST-MADURO – LES ENJEUX D'UNE LIBÉRATION SOUS TENSION
Introduction : Le séisme de Caracas
La capture de Nicolás Maduro ce 3 janvier 2026 lors de l'opération "Absolute Resolve" a mis fin à l'un des régimes les plus controversés du siècle. Le Venezuela, pays aux réserves pétrolières les plus vastes de la planète, se retrouve soudainement propulsé dans une transition incertaine, pilotée dans l'ombre par Washington. Ce dossier explore les conséquences de ce basculement pour le peuple vénézuélien et pour l'équilibre des puissances.
I. L'Opération "Absolute Resolve" : Un succès militaire, un défi politique
Une exfiltration chirurgicale
L'arrestation de Maduro par les forces spéciales américaines, suivie de son exfiltration vers New York, marque un tournant dans l'application de la puissance américaine. Ce succès tactique a été rendu possible par une infiltration profonde des services de renseignement et une lassitude généralisée au sein des forces armées vénézuéliennes. Trump a prouvé qu'il pouvait obtenir un "changement de régime" sans une invasion terrestre de grande échelle.
Le vide du pouvoir et la résistance des colectivos
Malgré la chute du sommet, la base reste instable. Les "colectivos", ces milices urbaines fidèles au chavisme, contrôlent encore de nombreux quartiers populaires de Caracas. Le risque d'une guerre civile larvée ou d'une insurrection prolongée est réel. La nomination provisoire d'une figure d'opposition ou d'un gouvernement de transition doit se faire rapidement pour éviter que le pays ne sombre dans l'anarchie.

II. Le Pétrole : Le butin de guerre ou le levier du redressement ?
La mainmise américaine sur l'énergie
Donald Trump ne s'en cache pas : le contrôle des ressources énergétiques est au cœur de son intérêt pour le Venezuela. Avec une production domestique américaine qui plafonne, les réserves vénézuéliennes (17,5 % des réserves mondiales) sont stratégiques. L'objectif est de transformer le pays en un "hub énergétique" pour les Amériques, sécurisant ainsi l'indépendance du bloc occidental face aux crises du Moyen-Orient.
Le défi de la reconstruction de PDVSA
L'infrastructure pétrolière vénézuélienne est en ruines après des années de sous-investissement et de corruption. Il faudra des dizaines de milliards de dollars et l'expertise des majors occidentales (Chevron, Exxon, TotalEnergies) pour relancer la production. Cette reconstruction sera le moteur économique de la transition, mais elle pose la question de la souveraineté : à qui appartiendra réellement la richesse du sous-sol vénézuélien demain ?
III. Géopolitique : L'éviction de l'influence sino-russe
La fin d'un sanctuaire pour Moscou et Pékin
Pour la Russie et la Chine, le Venezuela était un point d'appui stratégique en Amérique Latine. La chute de Maduro est une défaite majeure pour Vladimir Poutine, qui perd son allié le plus vocal dans la région. La Chine, créancière massive du pays, s'inquiète pour le remboursement de ses dettes. Washington entend utiliser cette transition pour purger toute influence étrangère "hostile" de son hémisphère, en application stricte de la Doctrine Donroe.
Un signal pour les autres régimes autoritaires
L'arrestation de Maduro envoie un message clair à Cuba et au Nicaragua. La justice internationale, via les tribunaux new-yorkais, devient un outil de coercition politique. Le procès pour narcoterrorisme qui s'ouvre est destiné à démontrer que l'immunité des chefs d'État n'est plus absolue face aux accusations de crime organisé.
Conclusion : Une transition sous haute surveillance
Le Venezuela de 2026 est un laboratoire. Si la transition réussit, le pays redeviendra la locomotive de l'Amérique du Sud. Si elle échoue, il restera un État failli aux mains de cartels fragmentés. La communauté internationale observe avec espoir et crainte ce qui pourrait être le début d'un nouvel ordre panaméricain, ou le retour aux heures les plus sombres de l'ingérence impériale.
