Guerre contre la fraude" : JD Vance gèle les fonds du Minnesota et défie les États démocrates
Le 27 février 2026, la Maison-Blanche franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de confrontation avec les États fédérés. Le vice-président JD Vance, nommé par Donald Trump pour diriger une vaste "guerre contre la fraude", a officiellement annoncé le gel de 259,5 millions de dollars de paiements Medicaid destinés au Minnesota. Cette décision, prise en concertation avec Mehmet Oz, administrateur des centres de services Medicare et Medicaid (CMS), marque une escalade sans précédent dans l'utilisation des leviers budgétaires fédéraux à des fins de régulation politique et de surveillance administrative.
Un levier financier comme arme politique
L'administration justifie cette mesure par une série de scandales de fraude présumée dans les services sociaux de l'État, notamment l'affaire "Feeding Our Future", où des centaines de millions de dollars d'aides auraient été détournés. Cependant, pour le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, il ne s'agit pas d'une simple mesure comptable mais d'une "campagne de rétribution". En visant spécifiquement un État démocrate qui a accueilli une importante communauté immigrée, notamment somalienne, Washington envoie un signal clair : le soutien fédéral sera désormais conditionné à une conformité stricte avec les priorités de la Maison-Blanche.
Le vice-président Vance a martelé que cette action n'était que le début d'un audit national. D'autres États, comme la Californie, sont déjà dans le viseur du département de la Justice et du Trésor. En utilisant la section 122 de la loi sur le commerce et d'autres prérogatives exécutives, l'administration Trump cherche à contourner les lenteurs législatives pour imposer sa vision de "gestionnaire rigoureux" des taxes des contribuables américains.

Conséquences sociales et juridiques
L'impact immédiat de ce gel pourrait être dévastateur pour les prestataires de soins et les populations les plus fragiles du Minnesota. Si l'État dispose d'un fonds de réserve pour amortir le choc à court terme, une prolongation du gel forcerait des coupes sombres dans les programmes de santé mentale et de traitement des addictions. Sur le plan juridique, cette décision est déjà contestée devant les tribunaux, les avocats de l'État arguant que le pouvoir fédéral outrepasse ses droits constitutionnels en punissant une population entière pour des fraudes isolées non encore jugées.
