La statue de Macron volée et déposée devant l’ambassade de Russie – Greenpeace relance le débat sur l’écologie politique
La nuit du 2 juin 2025 a été marquée par un acte aussi spectaculaire que symbolique : la statue de cire d’Emmanuel Macron, exposée au musée Grévin à Paris, a été dérobée puis déposée devant l’ambassade de Russie. Greenpeace a revendiqué l’action, dénonçant la politique énergétique française et ses liens avec le gaz russe. Un coup d’éclat qui interroge sur les formes de militantisme et la place de l’écologie dans le débat public.
Un vol spectaculaire au cœur de Paris
Le musée Grévin, institution emblématique de la capitale, a été la cible d’un commando de militants écologistes dans la nuit de dimanche à lundi. Profitant d’une faille de sécurité, les activistes ont extrait la statue de cire du président Macron, soigneusement transportée jusqu’à l’ambassade de Russie, dans le 16e arrondissement. À ses pieds, une banderole signée Greenpeace : « Macron complice du gaz russe ».
Les images de la statue devant l’ambassade ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant à la fois amusement, indignation et débats sur la légitimité de ce type d’action.

Greenpeace dénonce l’hypocrisie énergétique
Dans un communiqué, Greenpeace France explique avoir voulu « interpeller le président Macron sur la dépendance persistante de la France au gaz russe, malgré les engagements climatiques et les tensions géopolitiques ». L’ONG accuse le gouvernement de double discours : alors que la guerre en Ukraine se poursuit, la France continue d’importer du gaz liquéfié russe, selon les chiffres de l’ONG et de plusieurs médias spécialisés.
Le choix du musée Grévin et de l’ambassade de Russie vise à « mettre en scène l’hypocrisie politique » et à « réveiller les consciences » sur l’urgence climatique. Greenpeace revendique la dimension non-violente et symbolique de son action.
Réactions politiques et médiatiques
L’Élysée a dénoncé « une atteinte à la représentation du chef de l’État » et « une instrumentalisation de l’image présidentielle à des fins partisanes ». Le ministre de l’Intérieur a promis de renforcer la sécurité autour des sites sensibles et de poursuivre les auteurs.
Du côté de la majorité, certains députés dénoncent une « banalisation de l’irrespect ». L’opposition se divise : la gauche salue « une action symbolique » qui « pose les vraies questions », la droite y voit « une dérive inquiétante de l’activisme politique ».
Les médias s’interrogent sur la frontière entre action citoyenne et provocation gratuite. Les réseaux sociaux, eux, ont multiplié les détournements humoristiques.
Le musée Grévin, victime collatérale
Pour le musée Grévin, l’incident est un coup dur, mais aussi une opportunité de visibilité. « Nous regrettons profondément ce vol, mais nous sommes rassurés de retrouver la statue en bon état », a déclaré la direction. Le musée prévoit de renforcer ses dispositifs de sécurité.
Un débat sur les formes du militantisme
L’action de Greenpeace relance le débat sur les nouvelles formes de militantisme à l’ère des réseaux sociaux. Faut-il encourager les actions symboliques pour alerter sur des causes majeures, ou fixer des limites claires pour éviter la surenchère ? La tradition française de la satire et de la provocation politique se heurte aujourd’hui à une société plus polarisée.
