Festival de Cannes 2025 : ouverture sous tension, appel de 380 personnalités sur la situation à Gaza
Le Festival de Cannes, rendez-vous incontournable du cinéma mondial, s’est ouvert le 13 mai 2025 dans une atmosphère inédite. Si la Croisette brille de mille feux, l’ombre du conflit à Gaza plane sur l’événement, bouleversant le traditionnel tapis rouge. Un collectif de 380 personnalités du cinéma et de la culture a publié une tribune appelant à « briser le silence » sur la situation humanitaire à Gaza, suscitant débats, polémiques et prises de position dans le monde artistique et politique.
Un festival sous haute tension
Dès l’ouverture, la direction du Festival a été confrontée à la question du positionnement face au conflit israélo-palestinien. Plusieurs cinéastes et acteurs ont arboré des badges ou des rubans en soutien aux civils de Gaza. Des projections ont été précédées de minutes de silence, tandis que des manifestations pacifiques ont eu lieu devant le Palais des Festivals.
La sécurité a été renforcée : plus de 1 500 policiers et gendarmes sont mobilisés pour prévenir tout débordement, dans un contexte international tendu.
La tribune des 380 : un appel à la solidarité
Le texte, signé par des figures du cinéma français et international (Agnès Jaoui, Omar Sy, Isabelle Huppert, Ken Loach…), dénonce « l’indifférence et l’inaction face à la catastrophe humanitaire » à Gaza. Il appelle le Festival à « prendre position », à soutenir les artistes palestiniens et à promouvoir la paix et la justice.
La tribune a été publiée simultanément dans plusieurs grands médias européens et relayée sur les réseaux sociaux, où elle a suscité des centaines de milliers de réactions. Certains y voient un acte courageux, d’autres dénoncent une récupération politique ou un risque de division au sein du monde culturel.

Un débat sur l’engagement des artistes
La question de l’engagement politique des artistes n’est pas nouvelle à Cannes. Le festival a souvent été le théâtre de prises de position sur l’Ukraine, l’Iran, la liberté d’expression ou les droits des femmes. Mais la situation à Gaza, avec son cortège de morts, de destructions et de polémiques internationales, ravive les tensions.
Certains professionnels appellent à la neutralité du festival, d’autres estiment qu’il est de la responsabilité des artistes de « ne pas détourner le regard ». Le débat traverse aussi les délégations étrangères, certaines menacant de boycotter ou de se retirer si le festival ne prend pas position.
Le cinéma palestinien à l’honneur
Dans ce contexte, la sélection officielle accorde une place inédite au cinéma palestinien, avec deux films en compétition et plusieurs courts-métrages présentés dans les sections parallèles. Les réalisateurs, venus malgré les difficultés de déplacement, témoignent de la vie quotidienne à Gaza et de la résilience de la population.
Des tables rondes et des débats sont organisés autour du rôle du cinéma dans la construction de la paix, la mémoire des conflits et la défense des droits humains.
Les réactions politiques et internationales
Le gouvernement français a salué « la liberté d’expression et l’engagement du monde culturel », tout en rappelant la nécessité de préserver la sécurité et la neutralité du festival. L’ambassade d’Israël a exprimé sa « préoccupation » et appelé à « ne pas importer le conflit sur la Croisette ». Les ONG humanitaires, elles, espèrent que cette mobilisation permettra de relancer le débat sur l’aide à Gaza et la protection des civils.
Conclusion
Le Festival de Cannes 2025 s’ouvre dans un climat de tension et d’engagement inédit. Au-delà du glamour, il rappelle la capacité du cinéma à interroger le monde, à porter la voix des sans-voix et à susciter le débat. La question de Gaza s’invite sur la Croisette, posant la question du rôle des artistes et des institutions culturelles face aux crises du monde.
