Accord historique UE-Inde : Le pivot stratégique qui redéfinit le commerce mondial
Un marché de deux milliards de consommateurs
La signature officielle, intervenue il y a quelques jours, continue de secouer les chancelleries. L'Union Européenne et l'Inde ont scellé un accord de libre-échange (ALE) monumental, créant une zone économique qui représente désormais un quart du PIB mondial et un tiers du commerce international. Pour OMONDO, cet accord n'est pas qu'une liste de tarifs douaniers supprimés ; c'est un manifeste politique d'indépendance vis-à-vis des deux hégémons que sont la Chine et les États-Unis.
Les gagnants et les perdants de la libéralisation
L'expertise économique souligne des baisses de droits de douane spectaculaires : les vins français, autrefois taxés à 150 %, voient leurs barrières tomber à 20 %. La chimie et la pharmacie européennes gagnent un accès privilégié à un marché indien en pleine explosion (croissance de 8,2 % prévue pour 2026). En contrepartie, New Delhi obtient des facilités de mobilité pour ses ingénieurs et informaticiens, renforçant son soft-power technologique. Cependant, la vigilance reste de mise pour le secteur textile européen, qui redoute une concurrence frontale massive.

L'autonomie stratégique par la diversification
Pour l'Europe, l'accès au marché indien est une "priorité vitale" pour compenser la perte de vitesse sur ses marchés traditionnels. Pour l'Inde, il s'agit d'attirer les investissements nécessaires au programme Make in India tout en sécurisant des partenariats de défense (notamment sur l'échange d'informations sensibles). Ce rapprochement marque l'émergence d'un "bloc intermédiaire" capable de stabiliser les chaînes d'approvisionnement mondiales face à l'imprévisibilité de la politique étrangère américaine sous l'ère Trump.
