Conquête Spatiale — Artemis IV et la mission Sophie Adenot : Le Pôle Sud comme nouveau territoire européen
Cap Canaveral / Cratère Shackleton – 21 janvier 2026. Ce matin, à 09h00 (EST), la mission Artemis IV a quitté l'atmosphère terrestre. À son bord, une équipe de quatre astronautes, dont la Française Sophie Adenot. Si les missions précédentes (Artemis II et III) avaient pour but de valider le retour de l'homme sur la Lune, Artemis IV marque le début de l'occupation permanente. Sophie Adenot n'est pas seulement une passagère de l'histoire ; elle est la pilote de l'alunisseur HLS (Human Landing System) et la responsable scientifique de l'implantation de la base au pôle Sud.
La bataille pour l'ombre éternelle
Pourquoi le pôle Sud ? C’est ici que se joue le destin de l’humanité spatiale. Dans les zones d’ombre permanente des cratères lunaires, la température frise les -230°C. Les capteurs des sondes précédentes ont confirmé la présence de milliards de tonnes de glace d'eau. Cette glace est l'or bleu de l'espace : elle peut être transformée en oxygène pour respirer et en hydrogène pour alimenter les moteurs des futures missions vers Mars.

Sophie Adenot a pour mission de superviser l'installation du premier module de forage automatique. « Nous ne sommes pas là pour l'exploration, mais pour l'exploitation », souligne un cadre de l'Agence Spatiale Européenne (ESA). L'Europe, via la France, cherche à sécuriser son accès aux ressources lunaires avant que les États-Unis et la Chine ne se partagent l'intégralité du territoire.
L'Hélium-3 : L'énergie de l'an 3000
Au-delà de l'eau, Artemis IV prospecte pour l'Hélium-3. Cet isotope, rare sur Terre mais abondant à la surface de la Lune, est considéré comme le carburant idéal pour la fusion nucléaire propre. Un seul chargement d'Hélium-3 de la taille d'une navette spatiale pourrait alimenter la France en énergie pendant un an. En plaçant une astronaute française au cœur de ce processus, Paris affirme sa souveraineté énergétique à long terme. C'est une extension de la géopolitique terrestre vers une "Sélénopolitique" où les traités de l'espace de 1967 volent en éclats face aux réalités économiques. La mission de Sophie Adenot est le symbole d'une Europe qui refuse de devenir une colonie numérique ou spatiale des deux superpuissances.
