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L'Affront de Nuuk — Pourquoi le Parlement groenlandais a rejeté à l'unanimité le "Greenland Security Act"

L'Affront de Nuuk — Pourquoi le Parlement groenlandais a rejeté à l'unanimité le "Greenland Security Act"

Nuuk, le 20 janvier 2026. Le silence qui a suivi le vote nominal au sein de l'Inatsisartut (le Parlement groenlandais) résonne encore comme un séisme diplomatique de l'autre côté de la mer du Labrador. Les 31 députés, toutes tendances confondues, du parti indépendantiste Siumut aux libéraux d' Atassut, ont opposé une fin de recevoir historique au « Greenland Security Act » proposé par le Département d'État américain.

Le mécanisme du refus : Souveraineté contre Dollars

Le texte de Washington, porté par l'administration américaine sous une bannière de « protection mutuelle », proposait un investissement massif de 4,2 milliards de dollars sur cinq ans. Ce financement visait la modernisation des infrastructures portuaires de Qaqortoq et la réouverture de bases secondaires héritées de la Guerre froide. En échange, les États-Unis exigeaient un droit de veto sur les concessions minières accordées aux puissances tierces — une cible directe contre les intérêts de la China Communications Construction Company et de certains consortiums européens.

Le Premier ministre Múte Bourup Egede, dans une allocution empreinte de dignité kantienne, a rappelé que « la sécurité ne saurait être le faux-nez d'une mise sous tutelle ». Pour le gouvernement de Nuuk, l'enjeu dépasse le cadre comptable. Il s'agit d'affirmer la doctrine de « l’Arctique comme zone de basse tension », un concept cher aux nations polaires qui refusent de voir leur territoire transformé en avant-poste d'un conflit hégémonique global.

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L'analyse géopolitique : La fin de l'asymétrie

Ce rejet unanime illustre un basculement de paradigme. Longtemps considéré comme le « porte-avions insubmersible de l’OTAN », le Groenland utilise désormais sa position pivot pour négocier une autonomie réelle. Le soutien de Copenhague, resté d'une neutralité ambiguë mais bienveillante envers Nuuk, montre que même au sein de l'alliance atlantique, la lassitude face à l'unilatéralisme de Washington gagne du terrain.

Les experts du Centre d’Études Stratégiques de l’Arctique soulignent que ce « Non » est corrélé à la découverte récente du gisement de terres rares de Kvanefjeld, dont les réserves estimées à 1,5 million de tonnes offrent au Groenland les moyens financiers de son insoumission. Nuuk ne veut plus être une monnaie d'échange, mais un acteur souverain de la transition énergétique mondiale.

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