OMONDO Dossier Spécial 4 : La "Fin de la Démocratie Libérale" décrétée par Trump : L'urgence d'un nouveau récit européen
Le 7 janvier 2026, la signature par Donald Trump du mémorandum de retrait de 66 organisations internationales a agi comme une déclaration de guerre civilisationnelle. Plus qu'une décision administrative, ce geste, couplé à une rhétorique sur "l'effacement civilisationnel" de l'Europe, signe pour Washington l'acte de décès de l'ordre libéral né en 1945. Pour les intellectuels européens, ce choc impose une tâche titanesque : réinventer l'Europe sans son tuteur américain.
I. Le "Décret de Mar-a-Lago" : La fin de l'universalisme
La nouvelle doctrine américaine de 2026 est claire : les États-Unis ne voient plus la démocratie libérale comme un modèle exportable ou universel, mais comme une option nationale parmi d'autres.
1. La rupture avec l'ordre de 1945
En se retirant de l'OMS, de l'UNESCO et de la Convention-cadre sur le climat, Washington brise les piliers de la coopération multilatérale. Pour Trump, ces institutions ne sont que des instruments "mondialistes" sapant la souveraineté nationale. Ce repli laisse l'Europe seule garante d'un système de règles internationales que plus personne ne semble vouloir suivre.
2. L'Europe ciblée : "Le musée de la démocratie"
Le document de Sécurité Nationale américain de 2026 décrit l'Europe comme une puissance déclinante, "submergée par les migrations" et "paralysée par ses normes". Cette attaque frontale vise à encourager les mouvements illibéraux au sein même de l'UE (Hongrie, Slovaquie, et désormais d'autres franges en Europe de l'Ouest), créant une cinquième colonne idéologique qui conteste les valeurs de Bruxelles.

II. Le diagnostic des intellectuels : Une démocratie fatiguée
Les penseurs européens, de Jürgen Habermas à de nouveaux visages de la jeune garde intellectuelle, s'accordent sur un point : la démocratie libérale est en crise de légitimité interne.
1. L'urgence sociale vs Les valeurs abstraites
Le rejet de la démocratie libérale par une partie des classes populaires n'est pas seulement idéologique ; il est matériel. L'incapacité du modèle à résoudre la crise du logement, l'inflation alimentaire et le sentiment d'insécurité culturelle a créé un vide. Les discours sur l'État de droit paraissent abstraits face à la dégradation des services publics. En 2026, le populisme n'est plus une anomalie, c'est une réponse à une "panne d'avenir".
2. Le piège de la polarisation
L'usage massif des réseaux sociaux et des algorithmes de polarisation a transformé le débat politique en une guerre de tranchées. L'idée même d'un "espace public" où l'on discute rationnellement s'efface devant le choc des identités. L'Europe, terre des Lumières, semble désarmée face à cette brutalisation du discours orchestrée depuis l'étranger et amplifiée localement.
III. Réinventer l'Europe : Quel récit pour 2026 ?
Si le modèle de 1945 est mort, que doit construire l'Europe pour survivre ?
1. La "Démocratie de Protection"
Les intellectuels prônent le passage d'une démocratie de procédures à une "démocratie de protection". L'Europe doit prouver qu'elle protège physiquement (défense), socialement (emplois) et culturellement ses citoyens. C'est le prix à payer pour regagner la confiance des peuples et contrer le discours de "l'effacement".
2. Une souveraineté culturelle et technologique
Réinventer l'Europe, c'est aussi briser la dépendance aux plateformes numériques américaines qui dictent le débat public. La création d'un "Cloud de la Pensée Européen" et d'une IA souveraine n'est plus un luxe technique, mais une condition de survie démocratique. En 2026, l'Europe doit redevenir un laboratoire politique : celui qui inventera la synthèse entre liberté individuelle, justice sociale et puissance collective dans un monde post-libéral.
