Le Livret A à 1,5 % : La Fin de la Rente et l’Injonction au Risque Industriel
C’est une décision qui fait grincer des dents dans les foyers français : le maintien du taux du Livret A à 1,5 %, alors que l'inflation réelle flirte avec les 2,8 %. En ce 6 février, le ministère de l'Économie assume son choix. Ce n'est plus une simple mesure technique, mais un signal politique fort : l'État veut forcer l'épargne des Français — qui atteint des sommets historiques — à quitter le confort des placements liquides pour s'investir dans le "dur" de l'économie réelle.
L’euthanasie douce de l’épargne dormante
Depuis 2024, la doctrine de Bercy a changé. L'idée est d'assécher la rente pour financer la colossale transition énergétique et la réindustrialisation du pays. Le Livret A, outil traditionnel de financement du logement social, est désormais concurrencé par de nouveaux "Livrets de Souveraineté" dont les fonds sont fléchés vers la construction de réacteurs EPR et le développement de la filière hydrogène. Pour OMONDO, ce pivot est une mise à l'épreuve du contrat social. Les Français, historiquement prudents, sont sommés de devenir les capital-risqueurs de leur propre nation.

Le défi de la pédagogie financière
La colère des petits épargnants est réelle. Ils perçoivent ce taux bas comme une taxe invisible sur leur prévoyance. Pourtant, le gouvernement argumente qu'une épargne qui ne sert qu'à dormir est une épargne qui meurt. Le défi de 2026 est de convaincre le citoyen que son argent a plus de valeur s'il sert à construire l'usine de demain que s'il reste bloqué sur un compte. C'est un changement de mentalité profond : passer d'une nation d'épargnants à une nation de bâtisseurs. Mais ce pari ne sera gagné que si l'État garantit une transparence totale sur l'utilisation de ces fonds.
