Marché du Gaz 2026 : Pourquoi la demande mondiale explose malgré les objectifs climatiques
Le paradoxe énergétique de 2026
Alors que les accords climatiques de la COP30 appelaient à une sortie accélérée des énergies fossiles, le dernier rapport de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) publié fin janvier 2026 est sans appel : la demande mondiale de gaz naturel va atteindre un sommet historique cette année, avec une croissance de 2 %. Le gaz n'est plus vu comme une énergie de transition, mais comme une énergie de sécurité indispensable face à l'instabilité des renouvelables et aux tensions géopolitiques.
L'expertise de marché : La vague du GNL Nord-Américain
Le moteur de cette croissance est le Gaz Naturel Liquéfié (GNL). En 2026, les capacités d'exportation des États-Unis et du Canada explosent, avec une hausse de 7 % de l'offre mondiale. Ce flux massif permet de stabiliser les prix en Europe, mais au prix d'une dépendance accrue envers l'Atlantique. L'analyse technique d'OMONDO souligne que la Chine et l'Asie émergente captent l'essentiel de ce surplus pour remplacer le charbon, un argument écologique souvent utilisé par les pétroliers, mais qui occulte les fuites de méthane massives durant le transport.

Le gaz, variable d'ajustement du mix électrique
En Europe, le pic de froid actuel (Vortex Polaire) illustre parfaitement pourquoi le gaz reste roi. Lorsque les éoliennes s'arrêtent faute de vent et que le solaire est absent, seules les centrales à gaz peuvent monter en puissance en quelques minutes pour éviter le black-out. L'expertise financière montre que plus de 150 milliards de dollars ont été investis dans de nouveaux projets gaziers en 2025, signalant que les marchés ne croient pas à une sortie du gaz avant 2040. Le défi de 2026 est donc de concilier cette réalité industrielle avec les impératifs de décarbonation.
