La Révolte de Bruxelles : Pourquoi l'Accord UE-Mercosur cristallise la fin du libre-échange débridé
Bruxelles sous les gaz lacrymogènes
Le 24 février 2026, Bruxelles offre un spectacle de désolation : pneus en feu, jets de projectiles et canons à eau. Des milliers d'agriculteurs, venus majoritairement de France et de Belgique, crient leur refus d'un accord commercial qu'ils jugent "nocif et déloyal". Signé initialement le 17 janvier 2026 après 25 ans de négociations, le traité UE-Mercosur est perçu comme l'arrêt de mort d'une agriculture européenne de qualité, sacrifiée sur l'autel de l'exportation automobile.
Le duel des normes : L'enjeu des "Clauses Miroirs"
La fracture est sémantique et sanitaire. Les agriculteurs dénoncent une concurrence déloyale : l'importation de bœuf brésilien traité aux antibiotiques et de soja issu de la déforestation, alors que l'UE impose des normes environnementales toujours plus strictes. La France, leader de la contestation, réclame des « clauses de sauvegarde robustes » et des « mesures-miroirs » sur les pesticides. Pour Omondo.info, cet accord est le symbole d'une Europe qui peine à réconcilier ses ambitions écologiques et ses dogmes commerciaux.

Vers un nouveau modèle paysan
Au-delà de la colère, ce dossier explore la survie du métier. Près de 20 % des éleveurs vivent sous le seuil de pauvreté. La réponse ne peut être uniquement défensive. Le passage à l'agriculture de précision et le raccourcissement des circuits courts sont des pistes, mais ils nécessitent une protection des prix que le libre-échange actuel interdit. Le cri de Bruxelles est celui d'une souveraineté alimentaire qui ne veut pas être la variable d'ajustement du commerce mondial.
