Venezuela : Un mois après la capture de Maduro, l'incertitude plane sur les réserves de pétrole
L'après-tempête : Un pays à reconstruire
Le 5 février 2026 marque un mois jour pour jour après l'opération éclair qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro. Alors que Caracas tente de retrouver un semblant de normalité, le cœur du problème reste économique : qui contrôlera les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde ? Le gouvernement de transition, soutenu par une coalition internationale, fait face à une infrastructure pétrolière en déshérence. PDVSA, le géant étatique, n'est plus que l'ombre de lui-même, victime de décennies de sous-investissement et de corruption systémique.
L'expertise énergétique : Le défi du brut extra-lourd
L'analyse technique montre que la reprise de la production ne se fera pas en un claquement de doigts. Le brut vénézuélien est majoritairement extra-lourd, nécessitant des diluants que le pays ne produit plus. Les experts d'OMONDO soulignent que pour revenir au niveau de production de 2012 (3 millions de barils/jour), il faudrait un investissement massif de 120 milliards de dollars sur dix ans. Les compagnies américaines (Chevron) et européennes (TotalEnergies, Eni) sont sur les rangs, mais elles exigent des garanties juridiques que le nouveau parlement peine à ratifier.
L'ombre de Pékin et Moscou
Le dossier est complexifié par la dette colossale du Venezuela envers la Chine et la Russie. Pékin a déjà fait savoir que toute renégociation des contrats pétroliers devrait inclure le remboursement prioritaire de ses 60 milliards de dollars de créances. La transition vénézuélienne est donc un test majeur pour la stabilité régionale : sans une relance rapide de la machine pétrolière, le risque d'une nouvelle vague migratoire vers les pays voisins reste imminent.
