Accord UE-Inde : Pourquoi le libre-échange avec Delhi inquiète l'industrie pharmaceutique européenne
Après quatre années de négociations ardues, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde entre dans sa phase de ratification. Si l'accord promet de doper les exportations de produits technologiques et de luxe européens, il soulève un vent de panique dans les laboratoires pharmaceutiques du "Vieux Continent". Delhi, souvent surnommée la "pharmacie du monde", s'apprête à déverser ses génériques à bas prix sur le marché commun.
La bataille des brevets et de la propriété intellectuelle
Le cœur du conflit réside dans les clauses de propriété intellectuelle. L'Inde a fermement refusé de durcir ses lois sur les brevets, protégeant ainsi son industrie de copies légales à moindre coût. Pour les géants européens comme Sanofi ou Bayer, cette concurrence est jugée déloyale. Ils craignent que l'afflux de médicaments indiens ne décourage l'investissement dans la recherche et développement (R&D) en Europe.

Un enjeu géopolitique majeur pour Bruxelles
Pour la Commission européenne, le choix est cornélien. D'un côté, il faut sécuriser les chaînes d'approvisionnement et se rapprocher d'un allié démocratique pour contrebalancer l'influence chinoise en Asie. De l'autre, il faut protéger la souveraineté sanitaire européenne. Ce traité est le symbole de la nouvelle ère du commerce mondial : pragmatique, mais risqué.
