Élections au Portugal : La montée fulgurante de l'extrême droite inquiète l'Union Européenne
Le séisme politique de Lisbonne
Le Portugal, longtemps considéré comme l'exception européenne pour sa stabilité et son absence de mouvements populistes d'envergure, est en train de basculer. Les sondages à la sortie des urnes ce dimanche indiquent une percée historique du parti Chega. Avec près de 25 % des intentions de vote, la formation d'extrême droite devient le pivot incontournable de toute future coalition. Ce résultat envoie un signal d'alarme à Bruxelles, où l'on craint une "contagion" à l'approche des grands scrutins européens de l'été.
Les causes d'un mécontentement profond : logement et inflation
Le succès d'André Ventura ne sort pas de nulle part. Il s'appuie sur une crise du logement sans précédent à Lisbonne et Porto, exacerbée par le tourisme de masse et les "visas dorés". La classe moyenne portugaise, étranglée par une inflation persistante en 2025, se sent délaissée par les partis traditionnels (PS et PSD). Le discours sur la "purification des institutions" et la lutte contre la corruption résonne fortement dans un pays où le coût de la vie a progressé bien plus vite que les salaires.
Quelles conséquences pour la cohésion de la zone euro ?
Si le Portugal bascule vers une coalition instable ou dominée par des idées eurosceptiques, c'est tout l'équilibre de l'Europe du Sud qui est remis en question. Lisbonne a été un élève modèle de la rigueur budgétaire ces dernières années. Un changement de cap radical pourrait effrayer les marchés financiers et fragiliser la monnaie unique. Le Premier ministre sortant a appelé à un "front républicain", mais la polarisation de la société portugaise semble désormais trop profonde pour être ignorée par les instances européennes.
