Élection présidentielle au Portugal : António José Seguro l'emporte, un rempart contre le populisme
Introduction
Le Portugal a rendu son verdict. Au terme d'un second tour suivi avec fébrilité par toutes les chancelleries européennes, António José Seguro a été élu président de la République portugaise ce dimanche 8 février 2026, avec un score sans appel de 66,8 % des voix. Le candidat socialiste succède à Marcelo Rebelo de Sousa et s'impose comme la figure de la stabilité face à la montée spectaculaire de l'extrême droite.
Le retour triomphal d'un modéré
António José Seguro n'est pas un inconnu. Ancien secrétaire général du Parti Socialiste (PS), il s'était retiré de la vie politique active après l'arrivée d'António Costa. Son retour en 2025 pour la campagne présidentielle a été perçu comme le choix de la sagesse. Face à la rhétorique de rupture d'André Ventura (leader du parti Chega), Seguro a misé sur un discours de rassemblement, se présentant comme le garant des institutions et de la cohésion sociale.
L'échec du "bras de fer" populiste
Bien que battu, André Ventura a réalisé un score historique pour l'extrême droite au Portugal avec 33,2 % des suffrages. Cette élection confirme que le Portugal n'est plus l'exception européenne face au populisme. Cependant, le succès de Seguro repose sur la création d'un "cordon sanitaire" efficace : une grande partie de la droite modérée et du centre s'est ralliée au candidat socialiste au second tour pour faire barrage à la radicalité.

Les défis du nouveau mandat
À 63 ans, António José Seguro prend la tête d'un pays confronté à une crise du logement aiguë et à une inflation qui pèse sur les classes moyennes. Bien que le rôle du président soit principalement symbolique au Portugal, il dispose du "pouvoir de dissolution". Dans un Parlement fragmenté où le gouvernement minoritaire de Luis Montenegro peine à légiférer, Seguro sera l'arbitre suprême de la vie politique portugaise pour les cinq prochaines années.
Dans son premier discours, le président élu a promis de rester "proche des gens", affirmant qu'il continuerait de résider dans sa ville de Caldas da Rainha, symbole de son attachement à la province portugaise.
