DOSSIER OMONDO I : Le Sphinx du Levant – La Paix Irano-Saoudienne, une Illusion Géopolitique ou une Nécessité Ontologique ?
Mots-clés : Realpolitik, Moyen-Orient, Téhéran, Riyad, Pax Sinica, Sécurité collective, Hydrocarbures, Islam politique.
L’Échiquier des Ruines
En ce début d’année 2026, le Moyen-Orient semble figé dans une posture d'attente. L'accord de normalisation entre l'Iran et l'Arabie Saoudite, parrainé jadis par Pékin, a survécu aux tempêtes de 2024 et 2025. Mais pour l'intellectuel averti, cette "paix" ressemble davantage à un armistice de fatigue qu'à une réconciliation des cœurs. Le Sphinx du Levant n'a pas encore livré son secret : s'agit-il d'un changement de paradigme ou d'une simple pause tactique avant le prochain incendie ?
La Fin de l'Hégémonie par l'Épuisement
Pendant quatre décennies, l'antagonisme entre Téhéran et Riyad a été le moteur de tous les conflits par procuration, du Yémen à la Syrie. En 2026, le constat est celui de l'épuisement. L'Iran, étranglé par des années de sanctions mais résilient par son ingénierie de la survie, et l'Arabie Saoudite, lancée dans une course effrénée contre le temps avec sa "Vision 2030", ont réalisé une vérité amère : la guerre mutuelle est le seul obstacle à leur survie respective. La paix n'est pas ici un idéal moral, mais une fonction de la nécessité économique.

La Pax Sinica contre le Vide Américain
Le retrait progressif, mais irrémédiable, de l'influence militaire américaine a laissé un vide que la Chine s'efforce de combler par la médiation. Contrairement à Washington, Pékin ne demande pas de réformes démocratiques ; elle demande de la stabilité pour ses routes de la soie. Cette approche, purement transactionnelle, a réussi là où la diplomatie des valeurs a échoué. Cependant, cette paix est fragile car elle repose sur une architecture où le droit international est remplacé par le contrat commercial. Si les flux de pétrole s'arrêtent, l'édifice s'écroule.
Le Spectre Nucléaire et la Question Israélienne
On ne peut analyser la paix iranienne sans évoquer l'ombre d'Israël. La normalisation en cours dans le cadre des Accords d'Abraham se heurte désormais à ce nouveau bloc irano-saoudien. Pour OMONDO, la question est simple : l'Iran peut-il abandonner son statut de "puissance du seuil" nucléaire en échange d'une intégration régionale ? La réponse de 2026 semble être un "ni-ni" dangereux : l'Iran maintient sa capacité technique tout en gelant son déploiement, une posture de sphinx qui maintient la région dans une insécurité latente.
