Négociations à Téhéran : L'Iran accuse Washington de "grands mensonges" avant le sommet de Genève
Alors que les délégations se préparent pour une nouvelle ronde de pourparlers cruciaux à Genève, le climat entre Téhéran et Washington est au bord de la rupture. Ce 27 février 2026, le ministère iranien des Affaires étrangères a vigoureusement réagi au discours sur l'état de l'Union de Donald Trump, qualifiant ses déclarations sur le programme nucléaire iranien de "grands mensonges" rappelant les méthodes de propagande les plus sombres de l'histoire.
La rhétorique du "Grand Mensonge"
Le président américain a affirmé lors de son allocution que l'Iran avait redémarré ses "ambitions sinistres" de construction d'armes nucléaires, malgré les frappes de précision de l'année dernière qui, selon Washington, avaient "oblitéré" les sites clés. Téhéran, par la voix de son porte-parole Esmail Baghaei, nie farouchement toute intention belliqueuse et accuse la Maison-Blanche de fabriquer des preuves pour justifier un renforcement militaire massif dans le Golfe.
"Répéter un mensonge assez souvent ne le transforme pas en vérité", a déclaré le porte-parole, comparant la stratégie de communication américaine à celle de Joseph Goebbels. Cette guerre des mots intervient alors que des rapports de renseignement suggèrent que l'Iran aurait effectivement dispersé ses capacités de recherche dans des sites souterrains ultra-sécurisés, inaccessibles aux frappes conventionnelles.
Une diplomatie sous la menace des canons
Malgré cette hostilité verbale, les deux parties maintiennent leur participation aux discussions de Genève. L'Iran joue une double carte : celle de la "diplomatie honorable" pour obtenir un allègement des sanctions qui étouffent son économie, et celle de la menace militaire en cas d'attaque préventive américaine. Le speaker du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que toute décision américaine basée sur de "fausses informations" entraînerait une réponse "ferme et dévastatrice" des forces défensives du pays.

Pour les observateurs internationaux, ce bras de fer est le plus dangereux de la décennie. L'absence d'inspecteurs de l'AIEA sur le terrain depuis plusieurs mois laisse planer un doute total sur l'état réel des stocks d'uranium enrichi, plaçant le monde dans l'attente d'un compromis de dernière minute ou d'une déflagration régionale.
