Procès Duterte à la CPI : Le crépuscule d’un système et l’heure des comptes à La Haye
Ce 27 février 2026, les couloirs de la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye résonnent d’un écho historique. Le procès de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte entre dans une phase de témoignages décisifs qui ébranlent les fondations mêmes de l’impunité politique en Asie du Sud-Est. Accusé de crimes contre l’humanité dans le cadre de sa "guerre contre la drogue", Duterte voit son système de défense se fissurer sous le poids de révélations inédites émanant de ses anciens cercles rapprochés.
La fin du silence : Les "Escadrons de la mort" à la barre
L’audience d’aujourd’hui a été marquée par le témoignage sous haute protection d’un ancien haut gradé de la police nationale philippine. Pour la première fois, des documents internes prouvent l'existence de quotas de "neutralisation" et de primes financières versées pour chaque exécution extrajudiciaire. Ce témoignage démonte la thèse de la "légitime défense" systématiquement avancée par Manille pendant des années. Les familles des victimes, présentes dans la galerie du public, voient enfin leurs récits de terreur validés par des preuves matérielles et des registres de communication cryptés.

La CPI, souvent critiquée pour sa lenteur, joue ici sa crédibilité. Ce procès est le premier d'une telle envergure visant un ancien chef d'État démocratiquement élu pour des actes commis durant son mandat au XXIe siècle. L'enjeu dépasse le cas philippin : il s'agit de définir si la souveraineté nationale peut encore servir de bouclier à une politique de massacre organisé sous couvert de sécurité publique.
Un impact géopolitique régional
Aux Philippines, le procès exacerbe les tensions entre l'administration actuelle de Ferdinand Marcos Jr et le clan Duterte. La décision de Manille, prise l'année dernière, de coopérer partiellement avec la Cour a provoqué une rupture définitive entre les deux dynasties. Pour OMONDO, cette séquence montre que la justice internationale est devenue un acteur de la politique intérieure des nations. Le verdict, attendu plus tard cette année, pourrait redéfinir les standards de gouvernance dans toute la région Indo-Pacifique, où la tentation de l'homme fort reste prégnante.
